Dépakine: L'Etat donne trois mois à l'usine Sanofi de Mourenx pour «se mettre en conformité»

POLLUTION France nature environnement a annoncé lundi porter plainte contre le groupe pharmaceutique pour les quantités astronomiques de bromopropane rejetées dans l'air...

20 Minutes avec AFP

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L'usine de Sanofi à Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques est dans le collimateur de FNE pour les quantités astronomiques de bromopropane, une substance cancérigène, que l'entreprise rejette.
L'usine de Sanofi à Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques est dans le collimateur de FNE pour les quantités astronomiques de bromopropane, une substance cancérigène, que l'entreprise rejette. — MEHDI FEDOUACH / AFP

L’usine de Dépakine de Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques, est à l’arrêt depuis lundi. Dans la foulée, l’Etat a donné ce mardi un ultimatum à l’entreprise pharmaceutique pour se mettre en conformité. L’association France nature environnement (FNE) a porté plainte contre le groupe  pour les rejets toxiques dans l’air de cette usine.

Le gouvernement a donné ce mardi trois mois au groupe pharmaceutique Sanofi pour respecter les valeurs limites d’émission de rejets toxiques sur son usine chimique de Mourenx, sous peine de fermeture administrative. Le site de fabrication de l’antiépileptique Dépakine rejette des « quantités astronomiques » de produits toxiques, d’après FNE. Parmi elles, le bromopropane, une substance classée comme cancérigène.

« Toutes les conditions en matière d’émissions et d’absence de risques pour les salariés et les riverains devront être réunies pour que l’État puisse autoriser une reprise de l’activité du site », indique un communiqué du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot et de la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Entre 90 000 fois et 190 000 fois la norme

Les rejets toxiques dans l’air dépassent de loin les normes en vigueur. « Sa valeur limite d’émission est fixée à 2mg/m3, mais en octobre dernier ce sont 180 000 mg/m3 qui ont été envoyés dans l’air », révèle France nature environnement dans un communiqué.

« La situation a empiré en mars, avec un rejet de 380 000 mg/m3 », rappelle l’association. « Ces deux contrôles ponctuels ont révélé un dépassement de 90 000 fois et 190 000 fois la norme sur deux colonnes d’abattages (qui traitent les gaz avant de les rejeter dans l’air). Cette substance est classée comme cancérigène mutagène et est soupçonnée d’avoir des effets néfastes sur la fécondité. »