Côte d'Azur: Cap-d'Ail accueille une nurserie pour les bébés poissons

SOUS LA MER Des modules en acier viennent d’être immergés sous les pontons et les quais pour abriter les petits poissons et les petites crevettes…

Mathilde Frénois

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Les bébés poissons sont désormais protégés dans les nurseries du port de Cap d'Ail.
Les bébés poissons sont désormais protégés dans les nurseries du port de Cap d'Ail. — Rémy Dubas
  • Des bébés pageots, dorades, rascasses, mérous, mandoules, rougets, pagres, congres, sars, crevettes et crabes peuvent se réfugier dans ces nurseries.
  • Mesurant jusqu’à un centimètre, ces petits poissons sont les seuls à pouvoir se faufiler dans les interstices des grilles. Leurs prédateurs restent bloqués à l’extérieur.

Ils viennent de sortir des jupes de leurs mères. Mais ils ne sont pas complètement autonomes pour voguer seuls dans les courants de la Méditerranée. Les petits poissons disposent désormais de leur nurserie. Sur la Côte d’Azur, le port de Cap-d’Ail a mis en place un accueil personnalisé pour ces bébés en danger.

Des modules en acier viennent d’être immergés sous les pontons et les quais de ce port de l’est des Alpes-Maritimes. Entre deux cages vides se trouvent des coquilles d’huître. C’est là que se cacheront les bébés : des pageots, dorades, rascasses, mérous, mandoules, rougets, pagres, congres, sars, crevettes et crabes. Mesurant jusqu’à un centimètre, ils sont les seuls à pouvoir se faufiler dans les interstices des grilles. Leurs prédateurs restent bloqués à l’extérieur.

Le port de Cap d'Ail a immergé 51 nurseries pour petits poissons.
Le port de Cap d'Ail a immergé 51 nurseries pour petits poissons. - Rémy Dubas

« L’objectif, c’est de repeupler la mer, explique Sabrina Palmieri de la société Ecocean qui installe les nurseries. On se dit que si on sauve des petits poissons, cela fera une population de grands. »

La mortalité d’un bébé poisson estimé à 99,9 % dans un espace urbanisé

En effet, à cause de l’activité humaine, ces bébés sont en danger. « Depuis 20 ans, on urbanise nos côtes et cela les empêche de grandir, pointe-t-elle. On détruit l’habitat naturel des petits poissons : les herbiers, les rochers, le sable. D’habitudes, ils se réfugient dans ces endroits pour habiter et chercher à manger. Quand on construit un port, les petits poissons n’ont plus d’abris. Ils sont lâchés dans la pleine mer. »

En milieu naturel, la mortalité d’un bébé est estimée à 90 %. Ce taux atteint les 99,9 % dans un espace urbanisé. C’est pour sauver ces 10 % que le port de Cap-d’Ail s’est équipé de 51 nurseries. « Ce programme s’étale sur quatre ans pour un coût global de 80.000 euros, explique Michel Perrin, directeur général du port de plaisance. 50 % sont pris en charge par l’agence de l’eau et 20 % sont financés par la région. » Sur la Côte d’Azur, les ports d’Antibes, Cannes et Monaco viennent également de s’équiper pour la protection de ces bébés poissons.