Obsolescence programmée: Le gouvernement veut noter la «réparabilité» des produits de 1 à 10

CONSOMMATION Selon une étude de l’Ademe, 88 % des Français changent leur téléphone portable alors qu’il fonctionne encore…

20 Minutes avec AFP

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Les Français jettent souvent leur téléphone portable alors qu'il fonctionne encore.
Les Français jettent souvent leur téléphone portable alors qu'il fonctionne encore. — OLIVIER MORIN / ARCHIVES / AFP

Les produits électroniques et électroménagers seront dotés au 1er janvier 2020 d’un « indice de réparabilité », calculé selon dix critères. L’objectif du gouvernement est de lutter contre l’obsolescence programmée, en diminuant la consommation de matières premières et son impact environnemental.

Cet indice est l’une des « mesures phares » de la feuille de route pour une économie circulaire, présentée par le ministère de la Transition écologique et solidaire le 23 avril dernier, et qui s’appuie sur des pratiques telles que le réemploi et le recyclage, en prônant la lutte contre les déchets, a expliqué ce mardi la secrétaire d’Etat, Brune Poirson.

Selon le ministère, le modèle économique occidental et ses habitudes de consommation conduisent les consommateurs à « remplacer rapidement de nombreux équipements et appareils du quotidien au profit de nouveaux produits neufs, quand bien même beaucoup d’entre eux pourraient encore rendre des services ».

Economiser du CO2 et des euros

Ainsi, selon une étude de l’Ademe, 88 % des Français changent leur téléphone portable alors qu’il fonctionne encore. En gardant son smartphone pendant quatre ans au lieu de deux, son utilisateur économiserait 37 kg de gaz à effet de serre, explique le ministère. Avec pour modèle les Allemands, qui économisent entre 60 et 137 millions d’euros chaque année grâce à l’allongement de la durée de vie des biens de consommation.

Afin d’élaborer ce nouvel indice, qui donnera lieu à une note sur dix et sera affiché de manière obligatoire, un « groupe de travail » a commencé ses travaux « la semaine dernière », a expliqué Brune Poirson lors d’une visite du LaboFnac à Massy (Essonne).

« Pousser les fabricants à s’améliorer »

Il rendra ses conclusions « d’ici la fin de l’année » et l’indice sera mis en place au 1er janvier 2020, a précisé la secrétaire d’Etat. L’obsolescence programmée constitue un délit depuis août 2015, passible d’une amende de 300.000 euros et jusqu’à deux ans de prison.

Côté associatif, Hop (Halte à l’obsolescence programmée) considère que cette mesure constitue « un bon début », mais qu’il faudrait « aller plus loin vers une transparence complète sur la fiabilité des produits ». « Cette nouvelle note de la réparabilité va permettre aux clients de comparer pour mieux choisir et pousser les fabricants à s’améliorer pour ne pas être mal classés », estime la cofondatrice de Hop, Laetitia Vasseur.

Selon l’association, « le prix de la réparation reste incertain » et les cas des ordinateurs, machines à café et machines à laver sont ainsi « très problématiques ».

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