Pollution: De nouvelles particules dans le collimateur de l'Anses

ENVIRONNEMENT 13 polluants de l'air font déjà l'objet d'une surveillance réglementaire dans le cadre de directives européennes...

20 Minutes avec AFP

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La tour Eiffel lors d'un pic de pollution à Paris, en février 2018.
La tour Eiffel lors d'un pic de pollution à Paris, en février 2018. — Baleydier/SIPA

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a préconisé jeudi la mise en place d’une surveillance réglementaire pour le 1,3 butadiène, un cancérogène issu du trafic routier, de l’industrie du plastique et de la cigarette, comme c’est déjà le cas pour d’autres polluants de l’air. L’Anses conseille aussi de renforcer le suivi des particules ultrafines (PUF) et du carbone suie.

A l’heure actuelle, 13 polluants de l’air font l’objet d’une surveillance réglementaire, dans le cadre de directives européennes qui remontent à 2004 et 2008. Mais l’évolution des connaissances scientifiques « révèle que certains polluants pouvant avoir un impact potentiel sur la santé humaine ne sont pas pris en compte à ce jour dans la surveillance réglementaire », explique l’Anses dans un communiqué.

Un cancérogène présumé pour l’humain

Saisie par les ministères de la Transition écologique et de la Santé, l’agence s’est donc penchée sur de nouvelles substances polluantes qui mériteraient d’être surveillées de plus près. L’Anses préconise ainsi la « surveillance du 1,3-butadiène, un polluant émis notamment par des activités industrielles traitant du plastique et du caoutchouc mais aussi par l’échappement des moteurs automobiles et la fumée de cigarette ».

Cet hydrocarbure est « un cancérogène de catégorie 1 », c’est-à-dire un cancérogène avéré ou présumé pour l’être humain, explique Valérie Pernelet-Joly, cheffe d’unité d’évaluation des risques liés à l’air à l’Anses. « Il peut atteindre différentes cibles du corps humain » et causer différents types de cancer, poursuit-elle.

Un aimant pour d’autres particules

L’Anses recommande aussi un « suivi renforcé des particules ultrafines (PUF) et du carbone suie ». Les particules ultrafines, d’un diamètre inférieur à 0,1 micron, émises notamment par le trafic routier et certains types d’industries, peuvent avoir « des effets sur le système nerveux ou sur le système respiratoire », explique Valérie Pernelet-Joly.

Le carbone suie est émis lors de phénomène de combustion, « surtout la motorisation diesel et le chauffage », indique-t-elle. Cette substance a la particularité de se comporter comme un aimant pour d’autres particules et elle « va servir de vecteur pour les emmener dans les poumons ».

Création d’une banque de données nationales

L’Anses a également examiné dix autres polluants (manganèse, sulfure d’hydrogène, acrylonitrile, 1,1-2-trichloréoéthane, cuivre, trichloréthylène, vanadium, cobalt, antimoine, naphtalène), repérés surtout dans des contextes industriels. Elle « recommande l’acquisition de données complémentaires ».

L’agence suggère enfin de développer une banque de données nationales sur les « polluants dans l’air ambiant actuellement non réglementés (…) pour faciliter l’accès à ces données pour des travaux de recherche ou d’expertise ».