Toulouse: Des voyants au «verre» pour le retour de la consigne des bouteilles

ENVIRONNEMENT En créant Consign’Up, une Toulousaine veut relancer une filière de consignes de bouteilles en verre. Elle vise dans un premier temps les brasseurs et circuits courts locaux…

Beatrice Colin

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Ecologie. Industrie. Environnement. Recyclage.

Chaine de production indutrielle de verre recycle. File de bouteilles en verre vides.
Ecologie. Industrie. Environnement. Recyclage. Chaine de production indutrielle de verre recycle. File de bouteilles en verre vides. — Alexandre GELEBART/20MINUTES
  • Marion Lembrez a créé Consign’Up pour relancer à Toulouse une filière de consigne des bouteilles en verre.
  • Selon une étude menée en Alsace où la consigne perdure des bouteilles en verre, elle est nettement moins polluante que le recyclage actuel du verre.

Et si on revenait à la consigne, cette petite somme supplémentaire versée à l’achat d’une bouteille en verre de vin ou d’eau et remboursée lors de son retour vide en magasin ? Cette idée pas très révolutionnaire, qui durant des décennies était d’usage en France, la Toulousaine Marion Lembrez veut la remettre au goût du jour.

« J’ai réalisé qu’on cassait un bel objet, une bouteille en verre est un contenant et pas un vulgaire emballage. Derrière le recyclage du verre, il y a un process lourd et polluant, on chauffe pendant 24 heures à 1 500 °C pour recréer une bouteille », détaille la militante. Pour passer de la simple idée au projet, elle a créé Consign’Up et a intégré l’incubateur Première brique de Toulouse Métropole.

Moins polluant

Consciente qu’elle ne pourra pas convertir les grandes surfaces, ces dernières semaines elle fait la tournée des brasseurs et producteurs de vins installés à moins de 200 km de la Ville rose, ainsi que des cavistes, des Amap et des épiceries bio.

A chaque rendez-vous, elle met en avant les résultats d’une étude menée en 2009 en Alsace, où la consigne perdure. Elle prouve à la fois que cela permet de limiter le recours aux ressources naturelles et diminue en même temps l’empreinte écologique, grâce à une économie de 75 % d’énergie. Pour la mettre en place, elle veut créer une station de lavage.

« Elle devra traiter un million de bouteilles chaque année pour avoir un modèle qui tient la route et créer ainsi une véritable filière », poursuit Marion Lembrez.

Elle peut déjà compter sur le soutien d’une dizaine de brasseurs locaux. Et sur une tendance de fond. Un projet similaire porté par l’association Locaverre dans la Drôme, et soutenu par des collectivités, vient d’être désigné lauréat de « Mon projet pour la planète », lancé par Nicolas Hulot.