Côte d'Azur: Les poissons à la rescousse de la lutte contre les moustiques

ANIMAUX Cette commune des Alpes-Maritimes met en place une lutte écologique et naturelle face au moustique-tigre... 

Mathilde Frénois

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Un moustique tigre. (Illustration)
Un moustique tigre. (Illustration) — AP / SIPA
  • Cette invention d’un Azuréen, à grand renfort de poissons, est testée par la commune du Cannet aux abords d’un bâtiment. La ville propose également des initiations.
  • « On veut mettre en place une stratégie de lutte collective, explique Patrice Miran, chef du service développement durable et espace vert du Cannet. L’intérêt de ce piège à poissons, c’est que son coût est réduit et qu’il ne demande pas de manipulation extraordinaire. »

Vider l’eau des coupelles, s’imbiber de citronnelle et acheter un piège onéreux. La ville du Cannet et ses habitants ont tout tenté pour se débarrasser des moustiques. Jusqu’à tester une nouvelle solution : faire appel à des poissons.

« On veut mettre en place une stratégie de lutte collective, explique Patrice Miran, chef du service développement durable et espace vert du Cannet. L’intérêt de ce piège à poissons, c’est que son coût est réduit, qu’il ne demande pas de manipulation extraordinaire. » Et qu’il prend le problème à la source.

Un inventeur azuréen

L’idée : recréer dans un environnement qu’adorent les moustiques. Sur les balcons ou dans les jardins, les Canettans sont invités à élaborer une petite marre dans un bac en plastique grâce à une eau stagnante chargée en matière organique et en éléments minéraux. Quand ils tombent dedans, les moustiques puis leurs larves sont gobés par les poissons.

Les habitants du Cannet sont invités à recréer des mares pour piéger les moustiques grâce... à des poissons.
Les habitants du Cannet sont invités à recréer des mares pour piéger les moustiques grâce... à des poissons. - O. Blanc

Cette invention d’un Azuréen est testée par la commune du Cannet aux abords d’un bâtiment. La ville propose également des initiations. « L’objectif, c’est que chacun s’équipe, pointe Patrice Miran. On fait la démonstration, on donne les conseils et on met en contact l’inventeur du système, qui ne coûte rien, avec les administrés. »

Des communes « très infestées »

« Je suis très favorable à cette lutte écologique et naturelle. Si chaque bassin des Alpes-Maritimes hébergeait des poissons rouges ou des gambusies, on serait certains de ne pas avoir de larves ou de moustiques. Mais on ne peut pas mettre un poisson dans chaque coupelle, regrette Bernard Cadiou, responsable de l’entente interdépartementale de la démoustication. Pour lutter contre les moustiques, il faut lutter contre les eaux stagnantes. On doit vider les récipients tous les trois jours, retourner les sauts et les poubelles, mettre du sable dans les coupelles… »

D’autant plus que les secteurs de Menton, Mougins, Vence, Grasse, Saint-Laurent-du-Var, Cagnes-sur-Mer sont « très infestés » : « On a des conditions climatiques, avec des pluies régulières, qui favorisent les gîtes et les éclosions », pointe Bernard Cadiou. Des éclosions qui concernent également le moustique tigre, porteur de maladie. Cette année, quatre Azuréens sont revenus de l’étranger infestés par la dengue. Une démoustication dans un rayon de 200 mètres autour du lieu de résidence de ces personnes a été opérée. Des mesures qui ont permis, jusqu’à présent, qu’aucun cas autochtone ne se déclare dans le département cette saison.