Rennes: Comment la ville compte lutter contre le phénomène des îlots de chaleur qui la font suer

CHALEUR Une opération de sensibilisation des habitants vient de débuter...

Camille Allain

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Illustration d'une journée de forte chaleur. Ici des habitants de Rennes cherchent la fraîcheur près d'une fontaine du parc du Thabor.
Illustration d'une journée de forte chaleur. Ici des habitants de Rennes cherchent la fraîcheur près d'une fontaine du parc du Thabor. — C. Allain / 20 Minutes
  • La chaleur va sévir toute la semaine sur la France.
  • A Rennes, un chercheur s’est penché sur la question des îlots de chaleur, qui posent problème en période de canicule.
  • Générés pas l’urbanisation massive, ils provoquent des écarts de température significatifs entre les centres-villes et la campagne.
  • A Rennes, des écarts de sept degrés ont déjà été mesurés la nuit. A Paris, la différence peut grimper à 10 degrés.
  • Les villes tentent de s’adapter en construisant différemment. Une opération Défi canicule est organisée à Rennes pour interpeller les habitants.

Vingt-huit degrés ce lundi, 29 mardi, 30 mercredi. Cette semaine, il va faire chaud à Rennes. Très chaud même, et chacun tentera comme il peut de trouver un peu de fraîcheur. Pas toujours simple dans une ville de plus de 200.000 habitants. Car comme toutes les grandes métropoles, la capitale bretonne souffre de son urbanisation de masse, qui accentue la chaleur ressentie.

Géographe et climatologue, Xavier Foissard étudie depuis plusieurs années le mécanisme des « îlots de chaleur », ces zones où la température reste en permanence élevée. « En journée, il n’y a pas vraiment de différence. Mais la nuit, on a parfois relevé sept degrés d’écart entre le centre-ville de Rennes et des zones en campagne comme Melesse ou Betton », explique le chercheur de l’université Rennes 2. A Paris, le même phénomène peut générer des écarts de température de neuf à dix degrés.

Le problème étant désormais connu, les villes cherchent désormais à le maîtriser, notamment en adaptant leur urbanisation. « Quand on garde de la végétation au sol, on voit que le stockage de chaleur est moins important. Mais la forme des constructions a aussi un rôle », assure le géographe. A Rennes, on peut ainsi constater des écarts de température de trois degrés entre les quartiers du Blosne et de Villejean, qui affichent pour une densité similaire. « L’un a gardé de la végétation et l’autre est beaucoup plus minéral », rappelle le chercheur. La dalle Kennedy semble le meilleur exemple de ce qu’il ne faut pas faire.

« L’organisme a besoin de se rafraîchir »

Si la municipalité est aujourd’hui concernée, les habitants semblent beaucoup moins informés. Pour tenter d’alerter la population sur ces îlots de chaleur, la Maison de la consommation et de l’environnement vient de lancer une campagne de mesures citoyennes intitulée Défi Canicule.

Jusqu’en septembre, quinze familles seront chargées de relever les températures devant chez eux. « Le réchauffement climatique en Bretagne, ça fait peut-être sourire, mais pourtant ce sera très vite problématique. L’organisme a besoin de se rafraîchir, notamment la nuit. Comment fera-t-on à l’avenir ? », interroge Jacques Le Letty, animateur à la MCE à l’origine du projet.

Vivre avec la clim' en permanence ?

A l’image des capteurs citoyens utilisés pour mesurer la qualité de l’air, ce défi canicule servira surtout à sensibiliser les habitants. « Il faut en parler, interpeller et pouvoir influencer sur les aménagements. A moins que l’on veuille vivre à Rennes avec la climatisation en permanence », poursuit Jacques Le Letty.