Koko, le gorille qui parlait la langue des signes, est morte à l'âge de 46 ans

ANIMAUX Koko a rapidement maîtrsé 1.000 mots en langue des signes, avant de faire la Une du magazine « National Geographic »…

20 Minutes avec AFP

— 

Le gorille Koko dans le zoo de Détroit en 2014.
Le gorille Koko dans le zoo de Détroit en 2014. — Daniel Mears/AP/SIPA

Elle avait rencontré Robin Williams et était capable de parler le langage des signes. Koko, une gorille devenue mondialement célèbre, vue par beaucoup comme un modèle d’empathie avec les humains, est morte mercredi à 46 ans en Californie dans son sommeil, a annoncé la Gorilla Foundation qui suivait l’animal.

« La capacité de Koko pour le langage et son empathie a ouvert l’esprit et le coeur de millions de personnes », a souligné la fondation. « Elle était très aimée et nous manquera profondément ».

Dès 1972, une jeune psychologue pour animaux, Francine Patterson, se met à apprendre à Koko le langage des signes, avant de poursuivre son apprentissage à l’université de Stanford, où fut établie la fondation, dédiée à l’étude des gorilles en captivité.

Un autoportrait dans un miroir

Koko, qui maîtrisera peu à peu plus de 1.000 mots, et Patterson deviendront amies, et le gorille fera l’objet de nombreux reportages qui ont fait sa notoriété. A commencer par la couverture de National Geographic, en octobre 1978, qui la montrait en train de prendre sa photo en se regardant dans un miroir.

Koko devait ensuite se rendre célèbre pour son affection pour son premier chaton, qu’elle avait nommé « All Ball », qui devait faire l’objet d’un livre pour enfants devenu un classique, « Koko’s kitten » (Le chaton de Koko). A la mort du chat, renversé par une voiture, Koko avait affiché son chagrin des mois durant. Elle avait ensuite eu d’autres chats, avec lesquels elle devait se montrer tout aussi tendre et joueuse, comme le montraient des vidéos qui ont fait le tour du monde.

Autre vidéo célèbre : celle d’une rencontre en 2001 entre Koko et Robin Williams, où l’acteur décédé en 2014 rit aux éclats en jouant à chatouilles avec le primate, qui lui fait ensuite un gros câlin. Ce grand singe devait aussi montrer son penchant pour la peinture, et même participer à des discussions sur internet avec ses nombreux fans.

Des doutes sur les tests de QI

Certains experts mettront cependant en doute les méthodes de Francine Patterson et les véritables capacités de Koko à s’exprimer : ils soulèveront le risque d’une sur-interprétation de ses gestes, d’une projection de sentiments humains sur l’animal, et questionneront la validité des tests de Quotient Intellectuel qui lui ont été administrés : elle les a passés plusieurs fois, atteignant des scores variant entre 70 et 95, alors qu’un score de 100 est considéré comme normal chez les humains).

Malgré ces critiques, la Gorilla Foundation a qualifié Koko d'« icône de la communication inter-espèces », tandis que beaucoup partageaient sur Twitter l’empathie qu’ils avaient ressentie pour le grand singe.

Mots-clés :