Bretagne: Il faut sauver les abeilles d’Ouessant et de Molène

ENVIRONNEMENT La préfecture du Finistère a annoncé des mesures pour les protéger...

J.G.

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Une abeille noire butine une fleur le 06 juillet 2010 sur l'île d'Ouessant dans le Finistère
Une abeille noire butine une fleur le 06 juillet 2010 sur l'île d'Ouessant dans le Finistère — FRED TANNEAU AFP

Face à la forte mortalité des abeilles sur les îles bretonnes d’Ouessant et de Molène, la préfecture du Finistère a décidé d’agir. L’introduction de colonies est ainsi désormais interdite à Ouessant et strictement réglementée à Molène pour protéger les pollinisatrices du parasite varroa. La présence du varroa, qui est « avérée sur le continent » selon la préfecture, est considérée comme l’un « des facteurs prépondérants de l’affaiblissement et de la mortalité massive des abeilles ».

Pour préserver l’abeille d’Ouessant, jusqu’à présent « reconnue indemne » et celle de Molène, « faiblement infestée par ce parasite », la préfecture a donc annoncé toute une batterie de mesures. A Molène, l’introduction de colonies d’abeilles, reines ou faux-bourdons, ne sera ainsi autorisée par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) « que sur présentation d’une garantie sanitaire incontestable ». L’introduction de matériels apicoles usagés en provenance du continent est par ailleurs interdite.

Les apiculteurs sinistrés réclament des aides

Le déplacement de ruches ne pourra enfin se faire « que sur l’île de Molène, ou à destination d’un territoire de statut égal ou inférieur à Molène vis-à-vis du parasite ». A Ouessant, l’introduction de colonies et de matériels apicoles usagés est interdite, de même que l’introduction de miel ou de pollen à visée de nourrissement ou de complémentation alimentaire pour les colonies. L’introduction de cire en provenance de Molène et du continent, ayant déjà servi à l’exploitation d’un rucher, est également interdite, sauf dérogation expresse de la DDPP.

Ces mesures interviennent après le constat d'une mortalité de colonies sur le continent jugée « anormale » par l’Unaf, le principal syndicat du secteur. Si les parasites sont souvent cités parmi les facteurs de déclin, les pesticides, et en particulier les néonicotinoïdes, sont considérés comme la principale cause de mortalité des abeilles. Mardi, les représentants du secteur ont été reçus à l’Elysée. Ils réclament des aides d’urgence pour les apiculteurs sinistrés.