Déchets radioactifs de Bure: Une manifestation d'opposants perturbée par une centaine de casseurs cagoulés

SOCIETE Environ 150 personnes -- selon la préfecture -- vêtues de noir et cagoulées sont apparues dans le milieu du cortège, ont tagué des murs et cassé les vitrines d'une société de BTP et d'une société d'expertise et tagué des murs...

20 Minutes avec AFP

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Manifestation le samedi 16 juin 2018 contre le projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse).
Manifestation le samedi 16 juin 2018 contre le projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse). — JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Ils sont venus protester contre le projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse). Mais une centaine de casseurs cagoulés ont perturbé samedi la manifestation de plus d'un millier de personnes à Bar-le-Duc.

Encadré par plusieurs tracteurs, le cortège de 1.000 personnes selon la préfecture, plus de 3.000 selon les organisateurs, s'était élancé en musique peu avant 14H30 pour rejoindre la place Reggio, en face de la préfecture, où il est arrivé peu avant 17H00. «Cette manifestation, c'est la preuve de notre détermination, de notre union aussi», avait affirmé à la presse avant le départ du cortège Jean-Marc Fleury, président de l'association des élus opposés à l'enfouissement des déchets radioactifs, co-organisatrice de cette journée «contre la poubelle nucléaire».

Peu de temps après le démarrage de la manifestation, environ 150 personnes -- selon la préfecture -- vêtues de noir et cagoulées sont apparues dans le milieu du cortège, ont tagué des murs et cassé les vitrines d'une société de BTP et d'une société d'expertise et tagué des murs.

Heurts avec les CRS

Les casseurs s'en sont ensuite pris à deux agences bancaires où ont eu lieu de brefs heurts avec des CRS et des gendarmes mobile, contre lesquelles ont été lancées des pierres et des fumigènes. Les forces de l'ordre «ont riposté en faisant usage de bâtons de défense et de containers lacrymogènes», a indiqué la préfecture.

«Trois personnes ont été interpellées», deux pour des faits de violence sur forces de l'ordre et un pour port d'arme, a indiqué à l'AFP Muriel Nguyen, préfète de la Meuse. Elle a ajouté qu'il y avait eu six blessés côté forces de l'ordre, dont deux transportés à l'hôpital pour une lèvre fendue et une blessure au coude à la suite d'une chute. Du côté des manifestants, un blessé léger a été recensé.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a, dans un communiqué, «condamné avec la plus grande fermeté les dégradations commises cet après-midi à Bar-le-Duc par des individus cagoulés» et a «salué l'action déterminée des forces de l'ordre qui a permis de faire cesser très rapidement les exactions, de rétablir sans délai l'ordre public et d'interpeller trois individus».

«Des professionnels venus pour en découdre»

Les commerces de Bar-le-Duc avaient été fermés par précaution. «Il y a une façon de lutter qui est la leur. Ils sont cagoulés, ils cassent des vitrines ciblées, on ne peut pas maîtriser tout ça. Je ne suis pas dans l'approbation, je suis dans la compréhension», a réagi auprès Jean-Marc Fleury. Le défilé a ensuite terminé son trajet sans autre violence, mais cela a suscité des dialogues tendus entre certains manifestants sur les méthodes des casseurs.

«Il y a les opposants et des extérieurs, des professionnels de la manif qui se déplacent d'action en action pour en découdre. Ils sont rodés», a critiqué un manifestant anonyme, tandis que les personnes tout en noir n'ont rapidement plus été visibles dans le cortège. Peu après 19H00 de nouvelles tensions avec les forces de l'ordre ont eu lieu place Reggio à la suite de l'interpellation d'une personne en état d'ébriété, sans toutefois qu'il y ait d'affrontements. Les organisateurs de la manifestation ont annoncé la fin du rassemblement. Cette manifestation, quatre mois après l'évacuation du bois Lejuc à côté de Bure, se voulait avant tout «festive».

Les manifestants avaient accroché des branches d'arbre aux sacs à dos, ceintures, poussettes, tracteurs etc. pour «symboliser le bois Lejuc», site retenu par l'Agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires (Andra) pour y mener des forages exploratoires. Occupé depuis l'été 2016, le bois a été évacué par 500 gendarmes le 22 février à l'aube.

Le projet, mené par l'Andra, vise à enfouir à 500 m sous terre les déchets les plus radioactifs du parc nucléaire français.

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