Alsace: Que faire pour éviter les impressionnantes coulées de boue de ces dernières semaines?

INTEMPERIES Orages, inondations et coulées de boue ont, en mai, fait beaucoup de dégâts dans bon nombre de communes…

Alexia Ighirri

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Alsace: Que faire pour éviter les impressionnantes coulées de boue de ces dernières semaines? (Illustration)
Alsace: Que faire pour éviter les impressionnantes coulées de boue de ces dernières semaines? (Illustration) — P.Magnien / 20 Minutes
  • Les orages ont été violents, les inondations et coulées de boue nombreuses ce dernier mois un peu partout en France. L’Alsace n’a pas été épargnée. Des dégâts ont été constatés dans 12 communes à l’ouest de l’agglomération strasbourgeoise.
  • L’Eurométropole de Strasbourg réfléchit aux dispositifs à mettre en place pour, notamment, que de telles coulées de boue ne puissent plus se reproduire. Une étude est en cours pour définir les risques. Des « méthodes douces » telles que l’assolement des cultures, la technique de non-labour ou la mise en place de fascines ou miscanthus sont envisagés.
  • Pour ces aménagements « doux », l’Eurométropole compte sur les agriculteurs et devrait alors passer des conventions avec les agriculteurs, en leur proposant éventuellement une indemnisation.

Les orages ont été violents, les inondations et coulées de boue nombreuses ce dernier mois un peu partout en France. L’Alsace n’a pas été épargnée, enregistrant son record d’impact de foudres (156.000), et de nombreux villages de la région ont essuyé eau et boue. Des dégâts ont été constatés dans 12 communes à l’ouest de l’agglomération strasbourgeoise.

En attendant de recenser toutes celles qui demanderont la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle – Lampertheim, Achenheim et Mittelhausbergen ont annoncé vouloir le faire –, l’Eurométropole de Strasbourg réfléchit aux dispositifs à mettre en place pour, notamment, que de telles coulées de boue ne puissent plus se reproduire.

Une étude au cas par cas à la rentrée

Lancée début 2018, une étude est en cours pour définir le risque de coulées d’eaux boueuses au sein du territoire et identifier les principaux enjeux commune par commune. Ses résultats, attendus pour septembre, « vont donner les priorités en termes de propositions et de financements » de solutions techniques, indique Vincent Debès, vice-président de l’Eurométropole en charge de la gestion des risques naturels.

Au rayon des solutions techniques de prévention, des idées émergent déjà, inspirées de ce qui peut déjà être instauré dans certaines communes. Des « méthodes douces » telles que l’assolement des cultures, la technique de non-labour ou la mise en place de fascines (assemblage de branches), miscanthus (une plante) ou de bandes enherbées. Si elles ne suffisent pas, l’Eurométropole envisagera alors des aménagements d’ouvrages hydrauliques, qui coûtent bien plus cher.

Un travail avec les agriculteurs

Pour ces aménagements « doux », l’Eurométropole compte sur les agriculteurs. Dans le but de ralentir les coulées d’eaux boueuses, « il faut travailler sur le choix des cultures : éviter le maïs dans certains endroits, préférer les céréales d’hiver, disposer les cultures dans le sens opposé à la pente, liste Vincent Debès. Il faut une concertation avec le monde agricole. » La collectivité envisage de passer des conventions avec les agriculteurs, en leur proposant éventuellement une indemnisation.

« Certains agriculteurs le font tout seuls, ajoute Denis Ramspacher, vice-président de la chambre d'agriculture d'Alsace basé à Kienheim. A proximité de mon village, on alterne déjà les cultures entre agriculteurs. Ailleurs, c’est parfois un peu plus difficile même si les gens comprennent quand il y a autant de pluie. On va essayer de les sensibiliser parce qu’on est conscient qu’il faut se mettre à table. » Pour l’agriculteur, le point essentiel est bien l’alternance des cultures. Bien qu’à ses yeux, ces solutions « font barrage quand il y a 40 cm d’eau, mais au-delà ce n’est pas suffisant », citant l’exemple de Gougenheim, particulièrement touché lors de l’orage du 1er juin.

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