Toulouse: Les armes déployées pour faire la guerre à l'infernal moustique-tigre

SOCIETE La guerre aux moustiques-tigres est déclarée à Toulouse où la mairie engage les habitants à se comporter en bons soldats. L’arsenal est varié…

Helene Menal

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Un moustique en pleine action.
Un moustique en pleine action. — AP/SIPA
  • La mairie de Toulouse sort un arsenal contre les moustiques-tigres.
  • Elle n’exclut pas de dresser des PV aux habitants qui laissent de l’eau stagner dans leurs jardins.
  • Et pas question d’avoir recours à une démoustication massive.

Il a fait tourner les Toulousains en bourriques l’été dernier et il n’y a aucune raison que ses assauts cessent. Le moustique-tigre, bestiole très urbaine, va continuer à empoisonner vos apéros et séances de jardinage. Il est présent dans 84 communes du département, essentiellement dans l’agglomération de Toulouse et le long des axes autoroutiers.

Mais il y a des moyens, éprouvés ou expérimentaux, de réduire les nuisances qu’il occasionne et les cas – très rares – où il peut devenir vecteur de virus comme Zika ou la dengue. La mairie, le conseil départemental et les services de l’Etat sont sur la brèche mais cela dépend aussi de vous.

La méthode préventive et l’assèchement

Le nerf de la guerre, ce sont les « gîtes larvaires » où se nichent des œufs très résistants qui n’attendent qu’une montée des eaux pour éclore. Il faut donc faire la chasse aux écuelles d’eau – croupie ou pas –, aux piscines où l’eau n’est pas brassée ou aux gouttières bouchées.

La mairie a traité préventivement 54 de ses bâtiments et de nombreux fossés. Mais l’éden du moustique-tigre, qui ne s’aventure guère à plus de 150 mètres de son berceau, reste les jardins des particuliers. Dans 80 % des cas, votre tourmenteur est né chez vous ou chez votre voisin. D’où l’appel de Françoise Roncato, l’adjointe en charge des animaux dans la ville. « Il faut changer nos habitudes, c’est l’affaire de tous », martèle-t-elle.

Piquer au portefeuille

La mairie n’écarte pas de verbaliser les habitants qui continueraient à négliger leur jardin ou à laisser traîner de l’eau après plusieurs avertissements. Ceux qui pactisent par flemme avec les moustiques risquent désormais une contravention pouvant aller jusqu’à 450 euros.

Les méthodes expérimentales

Devant l’ampleur du phénomène, la mairie de Toulouse expérimente cette année de nouvelles méthodes. Certaines sont bio comme l’installation d’une centaine de nichoirs à chauves-souris, ou la plantation de végétaux répulsifs (thym, géraniums, citronnelle) dans les cours d’écoles. Une quinzaine de  cours de crèche ont aussi été dotées  de bornes à CO2. Ces machines reproduisent la respiration humaine et sont en fait des traquenards. Enfin, ça peut paraître anecdotique, mais des bacs à sable et des pelles vont faire leur apparition dans les cimetières pour remplir les coupelles des pots à fleurs.

Non, il n’y aura pas de démoustication massive

Des Toulousains excédés rêvent d’une grande attaque aérienne qui bombarderait les moustiques-tigres. Elle n’arrivera jamais. Il y a effectivement un insecticide imparable. Mais son utilisation n’est déclenchée par le conseil départemental que dans un cas précis : le signalement officiel d’une personne infectée par les virus de la dengue, Zika, ou du Chikungunya qui pourrait se faire piquer par un moustique et contaminer ainsi sa prochaine « victime ».

Douze pulvérisations de ce type ont eu lieu l’an dernier dans un rayon de 300 mètres autour d’un domicile. « Utiliser plus systématiquement ce produit efficace comporte le risque que les moustiques développent une résistance. Et nous ne le voulons pas », indique Nicolas Sauthier, l’expert de l’Agence régionale de Santé. D’autant que le produit n’est pas bon non plus pour les humains, ni pour les coccinelles d’ailleurs.