Gironde: L’Etat va désamianter le Signal pour éviter «une catastrophe écologique»

ENVIRONNEMENT Le préfet de la Gironde Didier Lallement a annoncé ce mardi que l’Etat allait prendre en charge une opération de renforcement du cordon dunaire aux abords de l’immeuble du Signal puis le désamianter…

Elsa Provenzano

— 

L'immeuble Le Signal, à Soulac-sur-Mer (Gironde), en mai 2018.
L'immeuble Le Signal, à Soulac-sur-Mer (Gironde), en mai 2018. — M.Bosredon/20Minutes
  • L’Etat va prendre en charge une opération de consolidation de l’immeuble du Signal et son désamiantage.
  • Il s’agit de prévenir une pollution à l’amiante en cas d’écroulement du bâtiment.
  • Les frais pour assurer le désamiantage de l’immeuble une fois écroulé seraient colossaux.

« Aucun expert ne peut me garantir que l’immeuble ne tombera pas et il ne faudrait pas rajouter des difficultés à cette triste affaire », a commencé Didier Lallement, le préfet de la Gironde. Il a annoncé ce mardi que l’Etat allait prendre en charge le désamiantage du Signal, cet immeuble de Soulac construit à la fin des années soixante à 200 mètres des flots et qui n’en est plus qu’à 12 mètres environ.

« S’il s’écroule, ce seront 12.000 tonnes de gravats pollués sur la plage dont l’évacuation coûterait 26 millions d’euros », précise le préfet. Le coût de l’opération de rechargement en sable du cordon dunaire aux abords du Signal et le désamiantage n’ont pas encore été chiffrés mais le préfet s’attend à une facture de l'ordre de plusieurs centaines de milliers d’euros. Il s’agit aussi d’éviter « une catastrophe écologique », prévient Didier Lallement. Si le bâtiment pollué à l’amiante s’effondre, il faudrait sans doute fermer la plage de Soulac pendant plusieurs années et évacuer une partie des habitants. Il y aurait aussi des répercussions sur la faune et la flore, ainsi que sur les professionnels de la pêche.

Un principe de précaution

Une lettre du préfet est partie mardi matin pour mettre en demeure le maire de Soulac de faire les travaux, comme l’exige la procédure. Une fois que l’édile aura répondu qu’il ne peut prendre à sa charge l’opération, le préfet lancera le renforcement du cordon dunaire proche de l’immeuble, attendu pour l’automne et les études suivi du désamiantage sont espèrés « dans la foulée ». Le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot a assuré au préfet qu’il disposerait des crédits nécessaires pour mener les travaux de sécurisation de l’immeuble et de son désamiantage.

« On n’est pas dans le débat de la recherche de la faute, car cela n’aboutit à rien comme on le constate jusqu’à maintenant », a relevé le préfet. Si l’Etat avait demandé aux copropriétaires d’assumer les frais des travaux, ils n’auraient probablement pas lieu. « Je prends mes responsabilités aujourd’hui, poursuit-il, ce qui m’importe c’est l’intérêt des populations ».

La question de l'indemnisation des copropriétaires a un peu avancé, puisque ces derniers ont été reçus récemment par Nicolas Hulot. « Et s’il y a un paiement des copropriétaires, on envisagera la destruction de l’immeuble », conclut le préfet de la Gironde.

Le dossier du Signal est loin d’être réglé mais l’Etat ne veut pas qu’en plus d’être un emblème de l’érosion côtière, l’immeuble devienne celui d’une pollution du rivage à l’amiante.

>> A lire aussi : Gironde: Enfin un espoir d'indemnisation pour les copropriétaires du Signal?

>> A lire aussi : Aquitaine: «Les premiers habitants concernés par le changement climatique ce sont ceux du littoral»