Nucléaire en Chine: Le premier EPR du monde a démarré

ENFIN! Une première mondiale pour cette technologie française, qui a connu de nombreux problèmes en Europe...

Lucie Bras

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Le réacteur EPR de Flamanville en France (image d'illustration).
Le réacteur EPR de Flamanville en France (image d'illustration). — CHARLY TRIBALLEAU / AFP

C’est le premier EPR mis en service dans le monde. En Chine, un réacteur nucléaire a démarré mercredi à Taishan. Une première mondiale pour cette technologie française, qui a connu de nombreux problèmes en Europe.

« L’EPR de Taishan vient d’avoir sa première réaction en chaîne et donc de démarrer », a tweeté Xavier Ursat, directeur Ingénierie et Projets nouveau nucléaire chez EDF. « C’est une excellente nouvelle pour l’ensemble de la filière nucléaire », a-t-il ajouté. Cette étape très symbolique était attendue puisque le chargement du combustible avait débuté en avril, l’autorité de sûreté chinoise ayant donné son autorisation.

Ce réacteur nommé Taishan 1 doit désormais monter en puissance très progressivement et subir des tests avant d’être raccordé au réseau électrique. Cette mise en service commercial prendra sans doute encore plusieurs semaines.

La date de lancement repoussée plusieurs fois

A Taishan, un autre EPR doit aussi être mis en service courant 2019. EDF est actionnaire à hauteur de 30 % de la coentreprise chargée de construire et d’exploiter les deux réacteurs dans la province chinoise du Guangdong.

La date de démarrage de ces deux réacteurs a été repoussée à plusieurs reprises. Conçu pour fonctionner pendant 60 ans, l’EPR se fonde sur la technologie des réacteurs à eau sous pression, la plus utilisée dans le monde. Mais ce modèle offre une puissance plus élevée (1.600 mégawatts) et bénéficie d’une multiplication des systèmes de sauvegarde censés le rendre plus sûr.

Contexte difficile et concurrence rude

Le nom de cette technologie est aussi associé à de nombreux déboires. Les chantiers des EPR en construction, en France, à Flamanville, en Finlande et au Royaume-Uni ont connu d’importants problèmes, des retards de cinq à 10 ans et de nombreux surcoûts.

Dans ce contexte difficile, le démarrage de Taishan apparaît comme une bonne nouvelle très attendue pour le fleuron tricolore, qu’EDF espère exporter auprès de nouveaux clients, malgré la concurrence rude sur ce secteur. L’Inde envisage notamment de construire six réacteurs de cette technologie et le groupe français espère aussi pouvoir vendre des EPR à l’Arabie Saoudite.

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