Alsace: «On n’a jamais vu ça, c’est une situation remarquable», s'enthousiasment les chasseurs d'orages

PHOTO Une association de chasseurs d’orages du Grand Est immortalise avec leurs photos les plus gros orages qui ont touché la région ces derniers jours…

Gilles Varela

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La foudre. Capture d'écran de la page Facebook d'Alsace Lorraine chasseurs d'images
La foudre. Capture d'écran de la page Facebook d'Alsace Lorraine chasseurs d'images — Kévin Leclercq
  • Le nord-est de la France est touché par de nombreux orages ces dernières semaines, l’occasion pour les chasseurs d’orages d’immortaliser avec des photographies ces moments uniques.
  • Une association de chasseurs d’orages du Grand Est (Alco) présente sur les réseaux sociaux leurs plus beaux clichés.

Comme souvent, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Alors que depuis plusieurs jours, de nombreuses communes du Grand Est ont été sinistrées par une météo devenue folle, pour les chasseurs d’orages, le temps est à la pêche.

Une bande de passionnés, de l’association Alsace Lorraine chasseurs d’orages, (Alco), sillonne le Grand Est (et parfois au-delà) pour saisir, armés de leurs appareils photo, éclairs, chutes de grêle et tornades. Des photographies publiées essentiellement sur la page Facebook de l’association, mais aussi sur le très reconnu site de l’Observatoire français des tornades et orages violents, Keraunos… Et parfois même lors d’expositions et de conférences.

 

Kévin Leclercq, un Lorrain de 26 ans, est l’un de ces chasseurs, le barda toujours prêt depuis plus de cinq ans pour traquer l’arrivée des phénomènes météorologiques extrêmes. Paysagiste de métier, il s’est formé à la météo, comme la grande majorité des chasseurs d’orages, « sur le tas », via le web, « pour se trouver sur zone avant même la formation de l’orage et l’intercepter. »

Mais ne fantasmez pas non plus une vie d’aventures à la Twister, le film US sur les chasseurs d’ouragan. Le Grand Est reste loin des grandes plaines américaines, même si ces phénomènes extrêmes « favorisent les rencontres, la découverte de paysages magnifiques », s’épand Kévin Leclercq. Il y a bien eu des montées des eaux soudaines, des moments où la camionnette toute équipée, notamment d’un mini-radar, ou parfois simplement leur voiture, est devenue le seul refuge face à la foudre…

Mais l’idée n’est pas de se plonger bêtement dans la gueule du loup, « mais bien d’anticiper l’endroit où l’orage va frapper, précise l’autodidacte. Nous définissons la zone la plus favorable, car le but, c’est d’être pile-poil à la bordure de l’orage, c’est une question de bon équilibre et les risques sont évalués. »

Kevin Leclercq, chasseurs d'orages, en situation.
Kevin Leclercq, chasseurs d'orages, en situation. - Valentin Severin

Une situation « remarquable »

Souvent en binôme - l’un conduit, l’autre consulte le radar et son ordinateur avant de trouver le meilleur point de vue - le chasseur d’orages reste cependant surpris par cette situation météorologique qui a touché le Grand Est ces derniers jours. « Je n’ai jamais vu ça, c’est une situation remarquable », s’étonne Kévin Leclercq. Selon lui, l’explication tiendrait en partie du flux très lent des vents au sol.

« Normalement, un orage, c’est mobile, sauf qu’en ce moment, ils peuvent rester une heure, deux heures. Cela arrive chaque année sur un ou deux jours. Mais là, c’est la troisième semaine que l’on est dans la même synoptique météo », assure Kévin Leclercq qui poursuit : « Cela s’expliquerait, entre autres, par le placement des centres d’action, des dépressions et des anticyclones. En fait la France, et particulièrement le Nord Est, se trouve pile au conflit de deux phénomènes, une dépression qui stagne sur le golfe de Gascogne avec son air chaud et humide et un anticyclone qui stagne vers l’Europe du nord et la Scandinavie. D’où des orages. »

Alors préparez votre appareil photo pour au moins garder le sourire, car cela devrait continuer encore cette semaine, prévoit le chasseur d’orages.

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