Un éclair frappe Paris lors d'un orage (Illustration).
Un éclair frappe Paris lors d'un orage (Illustration). — BALEYDIER/SIPA

INTEMPERIES

Météo: Mais pourquoi est-il si compliqué de prévoir les orages?

La violence des précipitations a surpris certains habitants…

  • Des orages parfois violents balaient la France depuis plusieurs jours.
  • Le phénomène est instable et demande beaucoup de données pour être analysé.
  • Il existe toujours une marge d’erreur dans la localisation des orages.

De la pluie, encore de la pluie. L’épisode orageux, qui a déjà fait deux morts en France, devrait se poursuivre ce mercredi, avec plusieurs départements placés en vigilance orange. Dans certaines villes, comme Langres (Haute-Marne) ou Bémécourt (Eure), les cumuls de précipitations ont atteint des records en quelques heures, avec des inondations très rapides.

Face à des phénomènes aussi violents, la prévision météorologique est essentielle pour permettre d’anticiper. Pourtant, les orages restent un phénomène très difficile à appréhender. « Prévoir l’intensité d’une cellule orageuse, sa durée, c’est totalement impossible, explique Frédéric Glassey, météorologue à MeteoNews. On peut seulement anticiper une tendance orageuse et de fortes précipitations, mais pour une zone assez étendue. »

Une marge d’erreur de plusieurs kilomètres

Les orages sont en effet « des phénomènes atmosphériques complexes », note Météo France sur son site. Leur formation fait intervenir de nombreux paramètres : l’état de l’atmosphère, la température et l’humidité des sols, le type de végétation et de relief, etc.

Tous ces éléments représentent une masse de données considérable à traiter. « Il nous faudrait des ordinateurs et une puissance de calcul beaucoup plus importante qu’actuellement pour obtenir une modélisation des orages au kilomètre près, remarque Frédéric Nathan, prévisionniste à Météo France. ». Aujourd’hui, malgré les instruments sophistiqués dont disposent les météorologues, la marge d’erreur pour localiser un orage est toujours de « quelques dizaines de kilomètres ».

C’est aussi pour ces raisons qu’il est difficile de prévoir exactement le moment où un orage va se déclencher. « C’est comme lorsque vous faites bouillir de l’eau dans une casserole : vous ne savez pas où et à quel moment vont apparaître les bulles, mais vous savez qu’elles vont arriver, poursuit Frédéric Nathan. On l’a bien vu lors de l’orage violent sur Paris il y a quelques jours : le nord de la capitale était sous la pluie, alors qu’au sud il n’y avait quasiment rien. »

« On ne peut pas tout prévoir »

Pour réduire au maximum l’incertitude, certaines sociétés spécialisées dans la météo proposent désormais un service d’alerte : les entreprises abonnées au service sont prévenues à l’avance – une heure maximum – en cas d’orage imminent dans une zone donnée. « Nous travaillons par exemple avec un gestionnaire d’autoroutes en France, développe Frédéric Glassey. Nous avons installé des points de prévisions au bord des axes, ce qui permet d’envoyer des alertes ciblées. »

Le même service est aussi utilisé en Suisse par les entreprises de BTP, afin d’éviter par exemple qu’un orage de grêle ne provoque des dégâts sur un chantier. Malgré cela, « on ne peut pas tout prévoir, rappelle Frédéric Glassey… et on ne peut pas arrêter la pluie ! »