Toulouse: Des avions renifleurs de la mission «Magic» traquent les gaz à effet de serre

SCIENCES A Toulouse, la mission scientifique Magic vient de boucler une campagne de vols destinée à mesurer la répartition des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Un premier jalon dans la lutte contre le réchauffement climatique…

Helene Menal

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Ce Falcon 20, transformé en laboratoire volant, vient de renifler l'atmosphère durant deux semaines.
Ce Falcon 20, transformé en laboratoire volant, vient de renifler l'atmosphère durant deux semaines. — Safire-CNRS-CNES-Meteo France
  • Deux avions renifleurs ont décollé depuis Toulouse pour traquer les gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
  • Ils ont récolté des données inédites.
  • La campagne Magic prépare les missions spatiales destinées à lutter contre les dérèglements climatiques.

Il y a eu des « chandelles » et des passages en rase-mottes mais, non, les chercheurs du Cnes, du CNRS ou de Météo France ne se sont pas reconvertis dans les meetings aériens. S’ils ont embarqué au cours des deux dernières semaines à bord d’un Falcon 20 du Safire (le service des avions français instrumentés pour la recherche dans l’environnement), c’est pour mener une mission inédite : traquer dans l’atmosphère les concentrations de méthane et de dioxyde de carbone, les deux principaux gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.

En compagnie d’un avion scientifique allemand, le Falcon, avec sa corne anémomètre façon espadon, ses sondes aérosol, et ses équipements électroniques à la place des sièges, a reniflé l’atmosphère au-dessus de la région toulousaine et de l’Orléanais.

« L’objectif est de comprendre la répartition verticale des gaz à effet de serre dans l’atmosphère car nous avons jusqu’ici peu de mesures verticales », explique Cyril Crevoisier (CNRS) le responsable scientifique de cette mission inédite baptisée Magic.

Préparer les missions spatiales

Et comme les avions ne peuvent pas tout, l’équipe a aussi lâché sur leur passage d’énormes ballons-sondes, capables d’atteindre 30 km d’altitude, et d’effectuer leurs propres carottages atmosphériques avant d’exploser. Un instrument du Cnes, au sol, permet aussi d’évaluer les quantités de CO2 et de méthane en décomposant le rayonnement solaire.

Ce ballon sonde est capable d'atteindre 30 km d'altitude.
Ce ballon sonde est capable d'atteindre 30 km d'altitude. - CNRS-CNES-Meteo France

Les chercheurs comparent les résultats de ces trois techniques et s’étalonnent. Car le but de Magic est de préparer les futures missions spatiales pour le suivi des gaz à effet de serre annoncé lors de la COP 21 de Paris. Comme la mission franco-allemande Merlin pour le méthane, ou le lancement du micro-satellite MicroCarb, en 2021, pour le CO2. « Il y aura d’autres campagnes de vol avant et pendant ces missions spatiales, souligne Caroline Bès (Cnes), responsable des mesures scientifiques de la mission. L’idée est de permettre aux instances publiques de prendre les meilleures décisions possible concernant le dérèglement climatique ». Vaste programme.

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