Toulouse: Les chercheurs transforment les bactéries en armes de destruction massive de la pollution

ENVIRONNEMENT Pour colorer les jeans ou dévorer le plastique, les bactéries, malgré leur mauvaise réputation, sont des alliées de choix dans la lutte contre la pollution. Les start-up et chercheurs toulousains les cultivent donc avec entrain…

Helene Menal

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Des cultures de bactéries en laboratoire. Illustration.
Des cultures de bactéries en laboratoire. Illustration. — Pixabay
  • La semaine du développement durable commence ce mercredi
  • Pour lutter contre la pollution, les chercheurs et start-up toulousains misent sur les bactéries.
  • Elles permettent de colorer les vêtements, de dévorer le plastique ou encore de transformer le C02

Les amateurs de fromage et les buveurs de bière ne sont plus à convaincre. Les chercheurs toulousains non plus : les bactéries ne sont pas toujours repoussantes et synonymes d’infections. « Si on les améliore, qu’on les modifie, elles peuvent être de véritables alliées pour la sauvegarde de l’environnement », assure Pierre Monsan, le directeur de Toulouse White Biotechnology (Inra, Insa, CNRS), une structure réunissant chercheurs et industriels. « Leur principal intérêt, c’est qu’elles se divisent très vite et qu’on a une nouvelle génération toutes les 20 voire 10 minutes », ajoute le chercheur.

TWB a trouvé plusieurs moyens d’utiliser cet inépuisable gisement. En hébergeant la start-up Pili par exemple. Cette dernière, lointaine héritière des pasteliers, produit à l’aide de bactéries un colorant bleu pour remplacer les colorants chimiques, extrêmement polluants, utilisés par l’industrie textile, en particulier pour les jeans.

Dévoreuses de plastique

Autre piste qui fait déjà du bruit : les bactéries qui dévorent le plastique qu’on a tant de mal à recycler. C’est le credo de la société de chimie verte Carbios, qui a débuté ses recherches en 2015 à TWB. Elle a découvert une enzyme qui dope les bactéries gloutonnes et particulièrement efficaces sur le polytéréphtalate d’éthylène (PET), l’un des plastiques les plus utilisés, notamment dans les bouteilles. Carbios prévoit une démonstration industrielle de sa technique de biorecyclage dès 2019.

Enfin, TWB est associée à la création de la start-up Enobraq qui se fixe pour objectif de « fabriquer des produits d’intérêt industriel à partir de CO2 », à l’instar des plantes et de leur photosynthèse. Un domaine où la matière première est quasi illimitée.

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