VIDEO. Des vers géants envahissent les jardins français et menacent la biodiversité

INVASIF Ces vers géants, qui peuvent atteindre 40 cm de long, sont particulièrement présents dans les Pyrénées-Atlantiques...

L.Br. avec AFP

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Un « Bipalium au Brésil » (image d'illustration).
Un « Bipalium au Brésil » (image d'illustration). — Piterkeo-Creative Commons

Une étude scientifique collaborative menée pendant cinq ans a montré la présence de plus en plus importante de vers géants dans les jardins. Arrivée d’Asie, cette espèce invasive est une menace pour la biodiversité. De nouveaux envahisseurs ont investi nos jardins : les plathelminthes bipaliinés. Sous ce nom barbare se cache un ver géant.

Au cours d’une étude qui a duré cinq ans, les scientifiques de l’Institut de systématique, évolution, biodiversité (Isyeb) ont reçu 700 photos de plathelminthes terrestres, présents dans les jardins français de métropole et d’outre-mer. Parmi eux, 100 étaient de type bipaliinés, espèce pouvant atteindre jusqu’à 40 cm de long. Signe particulier de cette nouvelle espèce invasive : leur tête est aplatie.

Les scientifiques ont observé que plus de la moitié des bipaliinés ont été repérés dans le sud de la France, « mais très curieusement, près de la moitié des signalements proviennent d’un seul département : les Pyrénées-Atlantiques ». Selon les scientifiques, c’est le climat doux en hiver et humide en été qui favorise l’implantation de l’espèce.

Attention à leur poison

Ces prédateurs se nourrissent de vers de terre et sont capables de tuer des proies beaucoup plus grosses qu’eux. « Pour tuer leurs proies, les Bipalium possèdent un armement chimique incluant la tétrodotoxine, un des neurotoxiques les plus puissants au monde, mille fois plus actif que le cyanure (la tétrodotoxine est le poison du fameux poisson fugu) », expliquent les chercheurs de l’Isyeb.

Originaires de Nouvelle-Guinée, « tous les plathelminthes terrestres sont des espèces invasives qui sont arrivées en Europe par le même biais, le transport de plantes », précise Jean-Lou Justine, coauteur de l’étude. « Ils représentent sans aucun doute une menace pour la biodiversité mais son intensité n’a pas encore été évaluée », ajoute-t-il.