Bouches-du-Rhône: Hulot appelle Total à réduire «au maximum» l'huile de palme dans sa future bio-raffinerie de La Mède

PLANETE Le groupe pétrolier français a lancé en 2015 le projet de transformation de sa raffinerie de La Mède, près de l'étang de Berre...

M.C. avec AFP

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Des manifestants contre la bio-raffinerie de La Mède
Des manifestants contre la bio-raffinerie de La Mède — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
  • En avril, des ONG affirmaient que le site de bioraffinerie de La Mède, qui doit ouvrir cet été, consommerait 550.000 tonnes d’huile de palme par an
  • Nicolas Hulot assure avoir demandé à Total de limiter cette quantité
  • Des contraintes ont été prises en ce sens par un arrêté préfectoral publié ce mercredi

C’est la première fois que le ministre de la Transition écologique s’exprime sur ce dossier épineux. Ce mercredi, au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV, Nicolas Hulot a annoncé avoir appelé Total à réduire « au maximum » l’utilisation d’huile de palme dans sa bioraffinerie de La Mède ( Bouches-du-Rhône) qui doit ouvrir cet été.

« Je leur demande, j’ai eu (le PDG de Total, Patrick) Pouyanné, de réduire au maximum l’utilisation d’huile de palme (…) et d’essayer d’année en année de réduire la part d’huile de palme et d’augmenter la part d’huiles usagées », a déclaré le ministre. Et d’ajouter : « Mais on ne peut pas avoir tout du jour au lendemain ».

Un risque de déforestation ?

Total s’est engagé mercredi à « limiter l’approvisionnement en huile de palme brute » de sa bio-raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône). Le groupe pétrolier français a lancé en 2015 le projet de transformation de sa raffinerie de La Mède, près de l’étang de Berre, alors déficitaire. Il a cessé d’y raffiner du pétrôle brut et l’a convertie, au prix d’un investissement de 275 millions d’euros, en y installant notamment un dépôt pétrolier, une ferme solaire, un centre de formation et cette bioraffinerie.

En avril, les ONG Greenpeace et les Amis de la Terre, citant un document de la préfecture des Bouches-du-Rhône, avaient affirmé que le site consommerait 550.000 tonnes d’huile de palme par an, faisant bondir de 64 % les importations françaises d’une huile dont la production en Malaisie et en Indonésie entraîne une déforestation fragilisant l’écosystème.

En parallèle, la préfecture des Bouches-du-Rhône a annoncé dans un communiqué de presse avoir pris ce mercredi un arrêté d’autorisation pour les installations qui permettent notamment la fabrication de biocarburants. Total devra en revanche, conformément à l’arrêté, utilisées au moins 25 % d’huiles recyclées ou usagées.

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