Pyrénées : Au moins 43 ours gambadent sur le massif et ils seront au minimum deux de plus cette année

BIODIVERSITE Selon le rapport du réseau ours brun, au moins 43 ours ont été recensés en 2017 dans les Pyrénées. Le nouveau « plan d’actions ours », tout juste entériné, confirme le renforcement de la population ursine…

Beatrice Colin

— 

Un ours brun grimpant à un arbre. (Illustration).
Un ours brun grimpant à un arbre. (Illustration). — WHITEWOLF/SIPA
  • Selon le dernier rapport du Réseau ours brun, l’an dernier, 43 ours ont été détectés dans les Pyrénées. Une population à minima et en hausse comparée à l’année précédente.
  • Les responsables de l’Office national de la chasse et la faune sauvage estiment que 9 à 10 femelles sont en capacité avoir des oursons et trois à cinq portées sont attendues cette année.
  • Nicolas Hulot a annoncé son intention de réintroduire à l’automne deux ourses femelles dans le Béarn pour compléter la croissance naturelle. Une position confirmée par le plan d’actions ours brun 2018-2028 qui vient d’être signé.

Ils sont de plus en plus nombreux à gambader dans les Pyrénées. Selon le rapport annuel de l’Office national de la chasse et la faune sauvage (ONCFS), 43 ours ont été recensés l’an dernier sur le massif, soit deux de plus que l’an dernier.

Et c’est un minimum selon l'équipe Ours, responsable du suivi des plantigrades. Car certains ours n’ont pas été observés ces derniers mois et sont donc sortis des écrans radars provisoirement, comme Cachou, l’unique descendant de Balou qui n’a pas été détecté cette année.

Mais on peut surtout s’attendre à ce que des oursons sortent des tanières progressivement d’ici l’été. « En 2018, 9 à 10 femelles sont susceptibles d’être suitées : Bambou, Hvala, Fadeta, Boavi, Nheu, Réglisse, Callisto, Caramelles, Gaïa et Sarousse », indiquent les spécialistes. Toutes se trouvent dans les Pyrénées Centrales, entre la Haute-Garonne, l’Ariège ou encore le Val d’Aran, en Espagne.

Six à dix naissances attendues cette année

De leurs batifolages passés pourraient naître de six à dix oursons. L’an dernier, quatre portées de sept oursons ont été officiellement détectées. Et contrairement au début des années 2010, Pyros n’est plus le mâle dominant et principal géniteur de la population ursine.

Ce vieux routard de 29 ans n’a d’ailleurs été repéré que deux fois, début 2017. Soit il a disparu, soit il a été poussé vers la sortie par plus jeune, comme Pépite, et s’est trouvé un nouveau territoire d’attache.

Des naissances qui seront complétées par le lâcher de deux ourses dans le Béarn cet automne. De nouvelles réintroductions annoncées par le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, en mars dernier, et confirmées par le plan d'actions ours brun 2018-2028 qui vient d’être publié.

Ce sera les premiers lâchers sur le versant français des Pyrénées depuis 2006. Il doit permettre à Néré et son fils Cannellito de se sentir un peu moins seuls dans cette partie du massif. Même s’ils ont reçu l’an dernier la visite de Rodri, un jeune mâle.

« Renforcements raisonnés et limités »

Pour maintenir une dynamique favorable, le Muséum d’histoire naturelle préconisait dans un rapport « un renforcement idéal de 3 mâles et 10 femelles sur 3-4 ans » ou le « renforcement minimal de 4 femelles pour assurer la simple viabilité de cette population ».

Plus prudent, et conscient d’une opposition d’une partie de la population locale encore mobilisée il y a quinze jours à Pau, le rapport annuel de suivi de l’ours brun est plus mesuré. « En privilégiant le croît interne de la population et en opérant des renforcements raisonnés et limités, l’objectif doit consister à parvenir sur le massif à une population efficace d’une cinquantaine d’individus sexuellement matures et participant à la reproduction », indique-t-il.