Financement climat: Les pays riches encore très loin de l'objectif de 100 milliards de dollars par an, selon Oxfam

ETUDE L'ONG estime que les pays développés doivent fournir de gros efforts d'ici deux ans...

Nicolas Raffin

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Un ingénieur teste un panneau photovoltaïque posé sur une route (Illustration).
Un ingénieur teste un panneau photovoltaïque posé sur une route (Illustration). — CHAMUSSY/SIPA

Oxfam veut mettre la pression sur les pays développés. L’organisme publie ce jeudi un rapport très critique intitulé 2018: Les vrais chiffres des financements climat, au moment où s’ouvre une conférence sur le sujet à Katowice, en Pologne.

« Il ne reste plus que deux ans jusqu’à la date butoir avant laquelle [ces pays] se sont engagés à mobiliser conjointement 100 milliards de dollars par an pour soutenir l’action climatique dans les pays en développement » rappelle le document. Oxfam a fait les comptes : « le montant total déclaré par les bailleurs (…) sur la période 2015 – 2016 s’élève à 48 milliards de dollars par an ». Et selon l’ONG, ces chiffres sont surestimés : l’assistance « spécifique au climat » avoisinerait seulement les 16 à 21 milliards de dollars. Loin des 100 milliards initialement promis…

« Les tendances en matière de financement climat sont alarmantes »

Pourtant, il est nécessaire de mobiliser de très fortes sommes « pour aider les pays en développement à réduire leurs émissions et s’adapter aux impacts du changement climatique » poursuit le rapport. Le document rappelle ainsi que 20 millions de personnes sont menacées par la famine en Afrique de l’Est, et que les inondations en Asie du Sud ont fait des ravages.

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« Pour des millions de personnes vivant dans les pays et les communautés les plus pauvres du monde, les tendances en matière de financement climat sont alarmantes, s’inquiète Oxfam. Le fossé reste vertigineux entre les ressources dont disposent les pays en développement pour s’adapter au changement climatique et les risques croissants auxquels ils sont confrontés ». L’ONG demande donc aux pays développés de clarifier la manière dont les aides sont comptabilisées, afin d’aller vers plus de transparence.