Toulouse: Les microplastiques polluants vont être pistés sur l'ensemble de la Garonne, de l'Espagne à Bordeaux

POLLUTION Une association va durant 15 jours sillonner la Garonne pour réaliser des prélèvements afin d’étudier la présence de microplastique à l’échelle du fleuve…

Beatrice Colin

— 

L'eau de la Garonne sera prélevée et analysée pour connaître la teneur en microplastiques.
L'eau de la Garonne sera prélevée et analysée pour connaître la teneur en microplastiques. — A.GELEBART/20MINUTES
  • Des bénévoles de l’association La Pagaie sauvage vont durant quinze jours faire des prélèvements des eaux de la Garonne, de sa source en Espagne jusqu’à l’estuaire de Gironde.
  • Ces 150 prélèvements doivent permettre de connaître la teneur en microplastique du fleuve, que ce soit en ville ou dans les zones montagneuses, et ainsi déterminer les sources de cette pollution.

Il y a la pollution visible, celle des bouteilles et des sacs-poubelle que l’on retrouve au milieu des océans. Et il y a celle plus insidieuse et invisible des microplastiques qui arrive jusqu’à notre robinet.

Pour comprendre d’où proviennent ces petites particules, l’association La Pagaie sauvage a décidé de mener une étude complète sur leur présence dans la Garonne.

150 prélèvements en quinze jours

A partir de vendredi et jusqu’au 18 mai, quatre bénévoles vont parcourir les 647 km qui séparent la source du fleuve jusqu’à l’estuaire de la Gironde pour réaliser des prélèvements.

« L’idée est d’en faire 150 que nous enverrons ensuite à l’université de Clermont-Ferrand et dont les résultats seront mis en ligne. Notre objectif est de voir où est-ce que les concentrations de microplastiques sont les plus fortes et ainsi d’identifier leurs sources », explique Clément, l’un des quatre bénévoles qui participent à ce projet baptisé Nerri, du nom de la déesse des eaux au Groenland.

A pied ou en canoë, ils vont tout au long de leur périple en profiter pour sensibiliser le grand public à cette pollution dont les risques sanitaires sur l’homme sont encore peu connus.

Cosmétique, dentifrice ou lessive

Le 12 mai, ils seront à Toulouse et en profiteront pour participer à un ramassage de déchets organisé avec l’association toulousaine Champs d’actions sur les berges.

Si ces particules de moins de 5 mm proviennent de l’érosion des bouteilles et autres flacons en plastique, elles sont aussi issues des cosmétiques, que ce soit des poudres à maquiller ou du dentifrice, mais aussi des eaux de rinçage de nos lessives.

Et la plupart passent la barrière des usines de retraitement pour se retrouver dans la Garonne… Où 76 millions de mètres cubes sont prélevés pour alimenter un million de personnes en eau potable.

Un laboratoire citoyen

En plus du projet Nerri, l’association La Pagaie sauvage a créé un laboratoire citoyen pour promouvoir les sciences participatives et sensibiliser à la pollution microplastique.

Partout en France, il est possible pour tout un chacun de réaliser un prélèvement sur un cours d’eau à proximité de son domicile et les envoyer à l’association. Il sera analysé par l’université de Clermont et permettra de compléter une base de données, mise en ligne et accessible à tous, ainsi qu’à la communauté scientifique.