VIDEO.Espèces invasives en France: La Pyrale du buis, petit papillon mais véritable ogre pour le paysage

ENVIRONNEMENT Introduites accidentellement par l’homme, ou volontairement mais sans réfléchir aux conséquences, les espèces invasives sont l’un des premiers facteurs de perte de biodiversité dans le monde. Y compris en France. Exemple en Occitanie avec la pyrale du buis…

Helene Menal

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La pyrale du buis ressemble à un vulgaire papillon de nuit mais sa chenille fait des ravages.
La pyrale du buis ressemble à un vulgaire papillon de nuit mais sa chenille fait des ravages. — X. Vila - Sipa
  • La pyrale du buis est un papillon venu d’Extrême-Orient dont les chenilles sont extrêmement voraces.
  • Elles s’attaquent exclusivement au buis, autant dire au patrimoine national.
  • A Toulouse, la mairie tente de protéger 23 sites de ce papillon ravageur.

Au pays des jardins à la française, un papillon dont la chenille mange du buis, et exclusivement du buis, peut rapidement virer au fléau national. C’est exactement ce qui se passe avec la pyrale du buis, un frêle papillon de nuit à première vue inoffensif mais dont la chenille verte est aussi vorace que monomaniaque dans son régime alimentaire.

La pyrale du buis est originaire d’Asie du sud-est. Comme beaucoup d’espèces invasives, c’est par accident qu’elle a été importée en France au début de la décennie 2000. Ces dernières années, elle sévit en Occitanie, particulièrement dans la Haute-Garonne, l’Ariège et le Tarn, où, en ville comme à la campagne, les vertes haies de buis se transforment en parois jaunies et desséchées, sans espoir de rémission.

Dans les parcs et jardins de Toulouse, les premières « attaques » ont été observées en 2014. Certains buis touchés ont résisté à la première salve, mais affaiblis aussi par le manque d’eau, ils ont fini par sécher sur pied. Face à cette menace pour le « patrimoine végétal » et le paysage au sens large, la direction des espaces verts a mis au point « un plan de lutte drastique ». « Car sans lutte assidue, on perd l’ensemble des buis », explique Jean-Christophe Dhainaut, le technicien spécialisé.

Repérer le pic de vols nuptiaux

Dans la Ville rose, 23 sites ont été classés comme « à préserver absolument ». Et ce challenge n’est pas une mince affaire ni une science exacte : il mobilise une trentaine d’agents d’avril à fin octobre, période durant laquelle la pyrale peut enchaîner trois pontes. Grâce à des pièges à phéromones relevés tous les mardis et qui permettent un comptage, ils déterminent le pic de vols nuptiaux. Dix jours après ce batifolage, ils ferment les jardins concernés et répandent un insecticide biologique sous les feuilles de buis où se cachent les larves.

Ce dispositif coûte 22.000 euros par an à la mairie​. C’est le prix à payer pour sauver les allées de buis du Couvent des Jacobins ou du parc du château de la Reynerie. Il ne comprend pas le temps que passent les agents à conseiller les particuliers désarmés face à ce papillon ravageur.

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