Golfe d’Oman: Les chercheurs découvrent une «zone morte» plus grande que l’Écosse dans l’océan

OCÉANS À cause du manque d’échantillons, les modèles climatologiques avaient sous-estimé la gravité de la situation dans cette zone océanique…

20 Minutes avec agences

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Ici la côte du golfe du Mississippi, une zone océanique morte à cause de la dénutrification, causée par le fleuve.
Ici la côte du golfe du Mississippi, une zone océanique morte à cause de la dénutrification, causée par le fleuve. — NOAA's National Ocean Service/Flickr

Un « désastre » pire que ce que prévoyaient les modèles climatiques. Des chercheurs ont découvert dans le Golfe d’Oman une « zone morte » plus grande que l’Ecosse.

Le faible niveau d’oxygène y empêcherait le développement de la vie marine. « Jusqu’à maintenant, personne ne savait à quel point la situation était mauvaise parce que la piraterie et les conflits dans la zone empêchaient de recueillir des données », explique Bastien Queste, coauteur d’une étude sur le sujet publiée ce vendredi dans la revue Geophysical Research Letters.

Un désastre écologique sous-estimé par les prédictions

« Nos recherches montrent que la situation est pire que ce qu’on craignait, et que la zone morte est grande et continue à s’étendre, poursuit le chercheur dans un communiqué. L’océan suffoque ».

Pour évaluer la situation dans le golfe d’Oman, l’équipe de chercheurs y a envoyé pendant huit mois des robots sous-marins capables de plonger jusqu’à un kilomètre de profondeur et couvrir des milliers de kilomètres. Par manque d’échantillons, les modèles climatologiques ne reflètent pas cette situation, « surestimant les concentrations d’oxygène et probablement sous-estimant la dénitrification » (perte en azote), note l’étude.

Asphyxie des fonds marins

Les zones mortes ou hypoxiques sont des régions océaniques où le taux d’oxygène est très faible, provoquant l’asphyxie de la flore et de la faune marines. Elles se développent naturellement dans certaines régions du monde, mais sont aggravées par le réchauffement des océans – l’eau plus chaude contenant moins d’oxygène – et par les engrais et les eaux usées qui s’y déversent.

En l’absence d’oxygène, le cycle de l’azote, dont se nourrissent les plantes, est en effet également modifié : « du protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le CO2, est produit », explique Bastien Queste.

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