Agriculture urbaine: Il a créé un site pour s’échanger des vers de terre (et ça marche!)

LOMBRICOMPOSTAGE Le site Internet Plus 2 vers met en lien les utilisateurs de lombricomposteurs avec ceux qui se lancent dans la démarche...

Julie Urbach

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Illustration d'un lombricomposteur
Illustration d'un lombricomposteur — F. Perry/ AFP
  • Créé il y a cinq ans à Nantes, la plateforme recense déjà plus de 1.500 donneurs de lombrics
  • Ces derniers cèdent gratuitement des vers mais aussi des conseils aux novices.
  • Une initiative qui prend de l'ampleur alors que les 48h de l'agriculture urbaine se déroulent ce week-end dans plusieurs villes de France.

C’est la tendance depuis plusieurs années, et l'agriculture urbaine est d’ailleurs fêtée tout ce week-end dans plusieurs villes de France. Alors que la gestion des déchets devient une problématique majeure, de plus en plus de foyers se lancent dans le compostage de leurs déchets alimentaires. Si la démarche est plutôt facile quand on dispose d’un jardin, il existe une solution pour les citadins :  le lombricompostage. Mais après avoir acheté ou construit la boîte (de plus en plus de communes financent des aides), à placer sur son balcon ou carrément dans sa cuisine, comment dégoter ces petits vers qui produiront ensuite de l’engrais ?

C’est à cette question plutôt insolite que David Regnier Garnelo a voulu répondre avec Plus 2 vers. En 2012, ce Parisien, qui vient de s’installer à Nantes, cherche une autre solution que celle de débourser une trentaine d’euros dans un magasin de pêche pour obtenir ces fameuses petites bêtes. Alors, il a « bidouillé une carte Google » et a proposé aux donateurs de s’inscrire. Cinq ans plus tard, s’il a réussi à démarrer son propre lombricomposteur, il fait partie des 1.500 personnes en France (mais aussi dans le reste du monde) qui se proposent de fournir gratuitement des lombrics grâce à la plateforme.

Des vers de terre et des conseils

Selon David Regnier Garnelo, qui a reçu il y a quelques mois un prix de la Fondation pour la nature et l’homme pour son site Internet, trois tonnes de déchets sont évités par jour grâce à son action. « Plus de 15.000 personnes ont pu récupérer des vers via le site, se félicite-t-il. Ça se démocratise grâce au côté pratique : on trouve quelqu’un à côté de chez soi, on récupère une grosse poignée de vers, du compost… L’autre avantage est que ceux qui démarrent peuvent rencontrer des personnes qui sont plus expérimentées. Personnellement, au début, j’ai fait plein d’erreurs. J’ai tué mes vers plusieurs fois… »

Car ce n’est pas tout d’arriver à mettre la main sur des lombrics. « Il faut être très patient, attendre qu’ils se reproduisent, sinon ils ne pourront pas tout digérer, prévient David Regnier Garnelo. Un autre conseil est de rajouter de la coquille d’œuf broyée en poudre, ça va réguler l’acidité du milieu. » Selon lui, 73 % des utilisateurs du site réussissent ainsi à se lancer. La plateforme, pour le moment disponible en français, prépare son développement à l’étranger avec une traduction prochaine en plusieurs langues.

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