Des abeilles solitaires envoyées en mission pour doper les rendements des vergers

ANIMAUX Ces abeilles, appelées osmies, transporte le pollen mieux et plus vite que celles qui fabriquent notre miel…

20 Minutes avec agences

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Les abeilles osmies travaillent mieux que les mellifères (illustration).
Les abeilles osmies travaillent mieux que les mellifères (illustration). — Eric Feferberg AFP

Elles ont pour mission de doper rendements des vergers. Au printemps, des milliers d’abeilles élevées par une start-up du Lot-et-Garonne sont envoyées pour polliniser les cultures.

Comme les abeilles qui font notre miel, ces solitaires qui ne vivent pas en ruche, fertilisent les plantes en butinant, transportant ainsi le pollen d’une fleur à une autre. Mais elles le font mieux et plus vite.

Rhône-Alpes, Sud-Ouest et Normandie

« Ces abeilles, appelées osmies, étaient déjà utilisées artisanalement par certains agriculteurs en Europe, mais nous sommes pionniers pour notre capacité à les élever en quantité et à les apporter sur une parcelle au moment voulu », assure Franck Mariambourg, co-fondateur et président d’Osmia.

Cette PME a été créée en 2014, près d’Agen. Elle emploie sept personnes et loue aux arboriculteurs les services de ses abeilles, sous forme de boîtes (une de mâles, une autre de femelles) disposées dans des abris adaptés. Elle intervient cette année sur plusieurs vergers en Rhône-Alpes et dans le Sud-Ouest, mais aussi dans les pommiers à cidre de Normandie.

Un taux de pollinisation exceptionnel

Mais comment arrivent-elles à doper les rendements ? Pour rapporter le pollen à la ruche, les abeilles mellifères « mouillent le pollen pour en faire des boules qu’elles collent sur leurs pattes arrière, ce qui le dégrade », explique Nicolas Denis, responsable technique d’Osmia pour le Sud-Ouest. Les osmies, elles, se couvrent mécaniquement de pollen en entrant dans la fleur grâce à leurs poils fournis qui forment comme une « brosse » sur le ventre. Résultat, un taux de pollinisation exceptionnel : plus de 90 % pour l’osmie à chaque visite de fleur, trois fois plus que la mellifère.

Avec un rayon d’action pouvant dépasser trois kilomètres, l’abeille domestique a une fâcheuse tendance s’éparpiller. Les osmies, elles, s’éloignent à 100 m au plus de leur abri « ce qui permet de cibler les cultures », décrypte M. Denis. Elles butinent très rapidement (jusqu’à 17 fleurs par minute) et « ne repassent jamais deux fois sur la même fleur car elles les marquent ». Enfin, elles ne piquent quasiment jamais. Décidément, elles ont tous les atouts pour plaire !

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