Bordeaux: La pollution des paquebots de croisière en escale mesurée sur les quais

ENVIRONNEMENT L’association agréée de surveillance de la qualité de l’air en Nouvelle Aquitaine, Atmo, mesure l’incidence sur la qualité de l’air des escales de paquebots de croisière maritime et fluviale à Bordeaux, à partir de ce jeudi…

Elsa Provenzano

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Le paquebot de croisière Prinsendam, lors de son escale à Bordeaux le 18 mai 2014
Le paquebot de croisière Prinsendam, lors de son escale à Bordeaux le 18 mai 2014 — M.BOSREDON/20MINUTES
  • L'association agréée de surveillance de la qualité de l’air (Atmo) en Nouvelle-Aquitaine lance une étude sur la pollution générée par les paquebots en escale dans le port de la lune à partir de ce jeudi.
  • A l’aide d’une station mobile et d’échantillonneurs passifs, l’Atmo va mesurer les particules en suspension, les oxydes d’azote et le dioxyde de soufre dans l’air, aux abords des quais, jusqu’au 1er juin.
  • Les résultats seront publiés en ligne en septembre 2018 et devraient montrer si les escales sont responsables de dépassements de seuils réglementaires pour certains polluants étudiés.

Depuis ce jeudi, une étude sur l’incidence  des escales de paquebots maritimes sur la qualité de l’air est bien lancée à Bordeaux. Elle était réclamée depuis 2015 par l’opposition municipale Europe Ecologie Les Verts, inquiète de la multiplication des escales de ces immeubles flottants, qui continuent à faire tourner leurs moteurs lorsqu’ils sont amarrés à quai. « Le fioul lourd qui alimente ces navires a une teneur en souffre 3.500 fois plus élevée que le diesel qui alimente nos voitures et on sait que le soufre a un impact majeur sur la santé », soulignait alors Pierre Hurmic, conseiller municipal EELV.

Les polluants mesurés sur deux mois

L’association agréée de surveillance de la qualité de l’air en Nouvelle Aquitaine, Atmo Nouvelle Aquitaine, mixe deux techniques de mesures pour cette étude qui cible les particules en suspension, les oxydes d’azote et le dioxyde de soufre. Elle a installé une station mobile sur les quais de la rive gauche pour effectuer des mesures en continu et « faire des relevés de concentration qui permettront de fixer un niveau moyen de la pollution de l’air », précise l’Atmo Aquitaine. Et, une douzaine de tubes passifs sont positionnés sur les deux rives de la Garonne pour mesurer des concentrations hebdomadaires. « Cela permettra de quadriller la zone aux alentours des quais et de proposer une cartographie modélisée », précise l’association.

Le recueil de ces données va s’étaler pendant deux mois, alors que treize escales de paquebots maritimes sont prévues à partir de mardi. Cela représente plus d’un tiers des escales bordelaises sur l’année 2018 puisqu’en 2018 45 escales ont été confirmées auprès du grand port maritime de Bordeaux, dont 30 dans le port de la lune.Une baisse de l'activité par rapport à 2017, année au cours de laquelle 49 paquebots étaient venus s’amarrer sur les quais bordelais, dont 40 à Bordeaux. C’est la première fois que l’Atmo mesure la qualité de l’air sur les quais, disposant de stations fixes à la Bastide, au Grand Parc et sur les Boulevards.

L’étude cible en priorité les paquebots maritimes mais permettra aussi de faire des mesures avant la mise en place d'une alimentation électrique pour les navires fluviaux,  qui a pris un peu de retard. Des bornes électrifiées pour les paquebots maritimes semblent trop complexes à mettre en place, les infrastructures s’avérant très volumineuses pour leur fournir la puissance nécessaire.

L’Atmo publiera son enquête en ligne au mois de septembre et l'on verra alors si les seuils réglementaires concernant les polluants étudiés sont respectés.