Mais qui va nettoyer les déchets en orbite dans l'espace?

SPATIAL Dans l’espace, un débris d’un millimètre a la même puissance qu’une boule de bowling lancée à 100 km/h…

L.Br.

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La Terre vue d'un satellite. (image d'illustration).
La Terre vue d'un satellite. (image d'illustration). — PureStock - Sipa

La station spatiale Tiangong-1 doit s’écraser sur Terre entre le 29 mars et le 3 avril. Elle devrait se désintégrer au moment de son entrée dans l’atmosphère. Cette fin de parcours soulève la question du traitement des déchets que l'on envoie dans l'espace, un problème longtemps ignoré.

Vous pensiez que l’univers était un espace vide et infinie ? En réalité, notre espace proche ressemble plutôt à une poubelle. « On estime qu’il y a 30.000 objets de plus de dix centimètres, dont 20.000 qu’on a catalogués », détaille Christophe Bonnal, spécialiste de ces sujets au Centre national d’études spatiales (Cnes) à nos confrères de BFMTV.

« Et plus on descend en taille, plus il y en a. On estime qu’il y a 750.000 objets de plus d’un centimètre. Et 150 millions de plus d’un millimètre ». Le risque, c’est que ces objets en orbite entrent en collision avec tout ce qui passe sur leur chemin. Une menace élevée quand on sait qu’un débris d’un millimètre a la même force qu’une boule de bowling lancée à 100 km/h dans l’espace.

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Un risque pour la station spatiale internationale, en orbite à 400 kilomètres de la surface de la terre, qui a dû manœuvrer deux fois pour éviter des collisions. Une seule solution : le nettoyage de l’espace. « Ce qu’on souhaite nettoyer en priorité, c’est l’orbite basse, comprise entre 200 et 2.000 kilomètres », explique Christophe Bonnal.

« Personne n’est prêt à payer pour des poubelles »

Des entreprises se sont lancées sur le marché comme RemoveDEBRIS, E.Deorbit ou encore CleanSpace One… Le problème c’est qu’aucune de ces structures n’est rentable. « Il y a plein de start up qui disent "je suis génial, il suffit de me financer". Sauf qu’il n’y a pas de business plan, personne n’est prêt à payer pour se débarrasser des poubelles », souligne Fatoumata Kebe.

L’une des solutions envisagées est le « space tug », un véhicule orbital multi-services, qui est utilisé dans la maintenance des satellites et qui permettrait de mutualiser les coûts.

Comme aucune loi internationale n’existe pour encadrer le ramassage des déchets dans l'espace, l’usage consiste à faire revenir les objets sur Terre. La France a été le premier pays à légiférer sur le sujet en 2010, en votant la loi sur les opérations spatiales : « Elle oblige les opérateurs à faire rentrer leurs objets au bout de 25 ans en orbite », explique Fatoumata Kebe, docteur en astronomie à l’Observatoire de Paris à BFMTV.

Le point Némo, dans le Pacifique sud, peut alors servir à recueillir les débris d’un satellite en fin de vie. Des règles peu suivies sur le plan international. D’après l’expert, 50 % des opérations ne respectent pas les recommandations.