Biodiversité: Des experts du monde entier dressent le diagnostic de santé de la planète

BILAN Les experts réunis à Medellín en Colombie doivent rendre leur rapport et leurs préconisations aux dirigeants du monde ce vendredi…

20 Minutes avec AFP

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Des mésanges bleues en Allemagne, le 27 février 2018.
Des mésanges bleues en Allemagne, le 27 février 2018. — Boris Roessler / dpa / AFP

Pas de surprise attendue lors de la publication du bilan de santé de la planète. Des experts du monde entier doivent rendre ce vendredi à Medellin en Colombie leur diagnostic sur l’état de la biodiversité.

« La biodiversité et le changement climatique sont les deux faces de la même pièce de la crise écologique à laquelle nous sommes confrontés », a souligné Marco Lambertini, directeur général de WWF. Durant trois ans, quelque 600 chercheurs ont travaillé bénévolement sur ces évaluations régionales, qui synthétisent les données d’environ 10.000 publications scientifiques.

La situation va se détériorer

Le résultat final couvre la totalité de la Terre, hormis les eaux internationales des océans et l’Antarctique. « La conférence de l’IPBES va nous dire que la situation continue à se détériorer », a précisé le directeur général du WWF en estimant que les experts allaient souligner « l’importance de protéger la Nature pour notre propre bien ».

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La planète est confrontée à une sixième extinction de masse d’espèces de plantes et d’animaux, la première depuis la disparition des dinosaures. Deux espèces de vertébrés ont ainsi disparu en moyenne chaque année depuis un siècle. Une autre est sur le point de disparaître avec la mort récente de Sudan, célèbre rhinocéros blanc du Kenya et dernier mâle de son espèce, décimée par le braconnage et dont il ne reste que deux femelles. « Si nous continuons ainsi, oui, la sixième extinction, la première causée par les humains, va se poursuivre ! », a averti Robert Watson, président de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

La moitié des espèces menacées d’ici 2080

« La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas trop tard », a-t-il toutefois déclaré. En effet, les 750 scientifiques et décideurs de 116 pays membres de l’IPBES ont rédigé une synthèse de chacun des quatre rapports, destinées aussi à orienter les dirigeants en matière de protection de la biodiversité. Chaque mot de ces textes longs d’une trentaine de pages a été négocié lors de débats à huis clos à Medellin, deuxième ville de Colombie.

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Selon le WWF, entre un quart et la moitié des espèces de 33 régions du monde parmi les plus riches en biodiversité pourraient être menacées d’ici 2080 par le dérèglement du climat.