Gironde: Une entreprise veut commercialiser un nouvel engrais à base d'urine humaine

RECYCLAGE MR Organics a mis au point un procédé pour traiter l'urine humaine et la transformer en engrais...

Mickaël Bosredon

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La cabine de toilette sèche d'Ecosec, à Montpellier.
La cabine de toilette sèche d'Ecosec, à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse / 20 Minutes
  • L'urine sera récupérée aurpès de toilettes sèches, posées dans les festivals notamment.
  • Un procédé rapide et peu coûteux a été établi pour retirer métaux lourds et résidus de médicaments.
  • L'engrais qui en sortira pourrait être certifié bio.

« On n’a rien inventé : il existe déjà énormément de littérature sur les valeurs nutritives pour les plantes de l’urine », explique Michael Roes, patron de la jeune entreprise MR Organics, basée à Saint-Martin-du-Puy (Gironde). En revanche, là où elle révolutionne le marché, c’est en ayant trouvé un moyen de valoriser l’urine avec un procédé rapide et peu coûteux.

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MR Organics s’est ainsi associée avec l’entreprise bordelaise Un petit coin de paradis, spécialisée dans la location de toilettes sèches, afin de collecter l’urine. Après deux années de tests, la formule du produit est déjà prête et les partenaires peaufinent le système de production, qui sera développé d’ici à l’année prochaine au sein de l’incubateur Bordeaux Technowest.

« Nous retirons tout ce qui est pathogène »

« L’urine dans les toilettes sèches, qui sont posées notamment dans les festivals, pose des problèmes dans les plateformes de traitement d’eau, et cela représente un coût, poursuit Michael Roes. Nous proposons de collecter cette urine en lui retirant tout ce qui est pathogène, à savoir les métaux lourds, les résidus de médicaments… »

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Le produit final pourra être utilisé dans les jardins paysagers, notamment auprès des collectivités. « Aujourd’hui, la législation interdit d’utiliser l’urine dans des cultures alimentaires, mais notre procédé d’hygiénisation est tel que l’engrais que l’on en ressort pourrait tout à fait être utilisé en plein champ. Nous allons donc travailler à cela, mais ce sera un peu plus long. » L’engrais final devrait même être certifié bio.

Un objectif de 400.000 litres d’urine

Les partenaires espèrent pouvoir récupérer quelque 400.000 litres d’urine, qui donneraient à peu près autant d’engrais. MR Organics travaille sur d’autres pistes pour l’agriculture biologique, comme un engrais à base d’algues, ou encore d’insectes.

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Michael Roes a commencé par produire des engrais biologiques pour son propre usage. Comme il obtient de bons rendements, il décide d’aller vendre ses surplus sur les marchés locaux. Confronté à une demande importante de la part des professionnels, il constitue une équipe composée d’agriculteurs, d’ingénieurs en micro-biologie et de chercheurs en biotechnologie.

Les biostimulants de MR Organics plébiscités

Depuis deux ans, les biostimulants de MR Organics sont plébiscités par la filière bio en Gironde. Elle compte aujourd’hui plus de 300 clients, notamment château Haut-Brion et la ville de Gradignan. La société, qui compte 5 salariés, prévoit de recruter plus de 15 personnes sur un an.

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La startup girondine participe par ailleurs au concours de la Fabrique Aviva 2018 dont les votes sont ouverts au public jusqu’au 10 avril prochain. Les gagnants se partageront une aide financière d’un million d’euros pour soutenir les initiatives entrepreneuriales innovantes responsables. Pour soutenir MR Organics, rendez-vous sur lafabrique-france.aviva.com