Bouches-du-Rhône: Des garanties nécessaires pour réhabiliter l'étang de Berre

ECOLOGIE Le Gipreb recevait des représentants du ministère de l’écologie pour trouver des solutions pour la réhabilitation de l’étang de Berre…

Adrien Max

— 

L'etang de Berre.
L'etang de Berre. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES
  • Les représentants du Gipreb rencontraient ce jeudi des représentants du ministère de l’Écologie pour évoquer le pompage d’eau de la Méditerranée vers l’étang de Berre.
  • Cette solution vise à améliorer la santé biologique de l’étang.
  • Les représentants du ministère souhaitent des garanties, avant de lancer l’expérimentation.

La situation biologique de l’étang de Berre (Bouches-du-Rhône) va-t-elle enfin s’améliorer ? Les représentants du Gipreb, Groupement d’intérêt public pour la Réhabilitation de l’étang de Berre, recevaient ce jeudi après-midi ceux du ministère de l' Ecologie pour évoquer une solution qu’ils portent depuis une quinzaine d’années maintenant. Il s’agit de pomper l’eau de la mer Méditerranée jusqu’à l’étang de Bolmon - une partie de l’étang de Berre -, afin de réhabiliter biologiquement l’étang. Autrefois, le tunnel du Rove remplissait cette mission, mais un éboulement y a mis fin en… 1963.

>> A lire aussi : Fos-sur-Mer: Des polluants dangereux jusque dans les aliments

« Notre première satisfaction est d’être entendus par l’État, comme le prouve cette rencontre, après celle de décembre dernier », s’est réjoui Serge Andréoni, président du Gipreb et ancien maire de Berre-l’Étang. S’il s’agit d’une satisfaction pour ce groupement, c’est qu’ils sont passés par tous les états. « Alors qu’on avait déjà fait cette proposition, un cabinet penchait plutôt pour un contournement de l’éboulement pour un budget de plus 30 millions d’euros », recontextualise Serge Andréoni.

Des garanties nécessaires

Le nouveau gouvernement a entendu leur proposition, mais souhaite avoir certaines « garanties ».

« Notre rôle est d’éclairer le ministre sur les objectifs possibles, ceux qui sont impossibles à atteindre et la part d’incertitude. Il est très difficile d’évaluer les conséquences sur un milieu vivant, nous avons donc besoin de nous questionner », a expliqué Nicolas FORRAY, mandaté par Nicolas Hulot.

Ils ont désormais trois mois pour se prononcer sur cette proposition. En cas d’avis favorable, l’expérimentation pourra être lancée.

>> A lire aussi : La santé des riverains, la grande inconnue de la polémique sur les boues rouges?

Elle devrait être progressive en termes de débit pompé. « Nous allons commencer par 4 m3 par seconde, mais nous voulons atteindre progressivement 10 m3 par seconde », réclame Serge Andréoni. Un objectif nécessaire pour que la solution soit efficace. Les représentants de l’ancienne ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, ne voulaient pas entendre d’un pompage supérieur à un débit de 4 m3 par secondes. « Même l’agence de l’eau nous a dit qu’il ne financerait pas parce que toutes les études démontraient qu’un si faible débit était inutile. », ajoute le président.

Enjeu écologique et social

Augmenter progressivement le débit aurait un autre avantage : suivre l’influence en temps réel du débit de pompage sur l’écosystème de l’étang. Pour les représentants du Gipreb, la réhabilitation de l’étang de Berre est un enjeu plus que central : près de 300.000 habitants vivent dans son pourtour. Il faut donc que ça aille vite. « Nous avons évalué que si l’étang de Berre était réhabilité, et redevenait donc attractif cela pourrait engendrer la création de 28.000 emplois dans une zone qui est très touchée par le chômage », a rappelé Serge Andréoni.

>> A lire aussi : Une bestiole gélatineuse se reproduit à vitesse grand V et pourrit la vie des pêcheurs en étang

Surtout, tous ont rappelé la bonne dynamique autour de l’étang de Berre, dont la qualité des eaux s’améliore : les taux de fréquentation augmentent chaque année d’environ 30 %. Mais en cas d’orage, tout le travail qui a été entrepris depuis des années pourrait être anéanti en trois jours, à cause des boues rejetées par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas.