Encelade, le satellite de Saturne, qui pourrait abriter la vie...

EXPLORATION Des scientifiques ont prouvé que des organismes présents sur Terre pourraient survivre sous l’atmosphère d’Encelade…

L.Br.

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Photo d'Encelade (en arrière-plan), prise par Cassini, le 17 novembre 2017.
Photo d'Encelade (en arrière-plan), prise par Cassini, le 17 novembre 2017. — NASA/JPL-Caltech/SSI / AFP

Et si la vie était possible sous l’océan glacé d’Encelade, le petit satellite de Saturne ? Impossible ? Et pourtant, des scientifiques ont publié une étude le 27 février dans la revue Nature. Ils ont testé la survie de différents organismes dans l’atmosphère d’Encelade. Résultat : l’un d’entre eux a survécu.

Les scientifiques s’intéressent à la possibilité d’une vie sur Encelade depuis au moins une décennie. Cette fois-ci, c’est peut-être la bonne. Les scientifiques ont découvert qu’Encelade, petit satellite de Saturne, dégage des éléments essentiels au développement de la vie. C’est grâce à la mission Cassini que les scientifiques ont pu recueillir ces données. Souvenez-vous, en avril 2017, la Nasa avait annoncé que sa sonde Cassini avait détecté de l’hydrogène dans les panaches de fumée rejetés par Encelade. Depuis, les scientifiques ont analysé d’autres données sur ce satellite de 500 kilomètres de diamètre (80 fois plus petit que la Terre).

L’une des plus anciennes formes de vie terrestre

Le satellite de 500 km de diamètre a notamment été observé en détail par la sonde Cassini, en orbite autour de Saturne de 2005 à 2017. Le vaisseau de la Nasa y a détecté des geysers qui ont permis d’analyser la composition de l’océan sous l’épaisse couche de glace. En étudiant ces données, les chercheurs y ont découvert plusieurs éléments essentiels au développement de la vie telle que nous la connaissons : de l’ammoniac, du dioxyde de carbone, du méthane ou encore des composés organiques (à base de carbone).

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Ces éléments permettent en théorie l’émergence d’une forme microscopique de vie. Les scientifiques ont voulu tester cette théorie en laboratoire. Ils ont reproduit l’atmosphère d’Encelade dans de petits habitats et y ont placé différents types d’archées, des organismes microscopiques composés d’une seule cellule et capables de vivre dans des milieux difficiles. Ils sont considérés par les scientifiques comme l’une des plus anciennes formes de vie terrestre. Les organismes ont été soumis à différentes températures (entre 0 et 100 degrés Celsius) et pressions. L’une d’entre elles a passé les tests avec succès : le Methanothermococcus okinawensis a montré des capacités d’adaptation remarquables.

Le projet d’aller vérifier sur place

Ce micro-organisme se nourrit de dioxyde de carbone, présent sur Encelade, et rejette du méthane. Cela pourrait expliquer la présence de ce gaz détecté par Cassini. « Dans ces conditions, la vie pourrait exister » sur Encelade, estime ainsi Simon Rittmann, auteur principal de l’étude interrogé par The Atlantic. Pas d’emballement pour autant : le méthane pourrait être d’origine non-biologique, et il faut encore vérifier si l’hydrogène est produit en quantité suffisante pour être utilisé comme source d’énergie par les archées.

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Pour vérifier cette théorie, une seule solution : aller sur Encelade. La Nasa travaille justement sur une sonde appelée « Enceladus Life Finder » (« Trouver de la vie sur Encelade »), conçue pour capter des indices d’une activité biologique dans le geyser géant qui jaillit d’Encelade. Une autre mission appelée « Dragonfly », présentée en décembre 2017, prendra la forme d’un drone capable d’explorer l’habitabilité de dizaines de sites sur Titan, lune dotée d’une épaisse atmosphère, de lacs et de rivières de méthane liquide à sa surface. Mais en raison de difficultés budgétaires, ces projets pourraient ne jamais voir le jour.