L'association Ecos propose à des jardiniers amateurs de cultiver leurs légumes chez des personnes âgées qui ne sont plus en mesure d'entretenir leur terrain
L'association Ecos propose à des jardiniers amateurs de cultiver leurs légumes chez des personnes âgées qui ne sont plus en mesure d'entretenir leur terrain — FRED SCHEIBER/20MINUTES

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Nantes: Pas de jardin? Faites pousser vos légumes chez l'un de vos voisins

L'association Ecos, qui mène le projet Boutur'âges, cherche à étendre son action dans de nouveaux quartiers...

  • Une association nantaise propose de mettre en relation des jardiniers amateurs avec des propriétaires partants pour prêter une partie de leur terrain, gratuitement.
  • Une trentaine de binômes se sont déjà formés, au sud de Nantes, grâce à ce projet intergénérationnel.

 

Sur le balcon de son appart’du centre-ville de Nantes, elle n’a de la place que pour ses herbes aromatiques. Du coup, c’est dans le jardin de quelqu’un d’autre, à 15 minutes en tram, qu’elle va cultiver ses tomates, carottes et autres aubergines. Leslie, 30 ans, fait partie des jardiniers amateurs du projet Boutur’âges.

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Cet été, l’association nantaise Ecos l’a mise en relation avec une dame âgée qui a accepté de lui prêter, gratuitement, un bout de terre pour qu’elle y installe son potager. Depuis, sauf lorsqu’il fait trop froid, elle essaye de s’y rendre au moins une fois par semaine, le mercredi, quand elle ne travaille pas.

L’association cherche à élargir son action

Un binôme parmi une trentaine d’autres, formés par l’association depuis plusieurs années à Rezé et quartier Nantes-sud. « D’un côté, on a plein de gens motivés par le jardinage mais qui n’ont pas d’extérieur, explique Audrey Pernis, chargée de projet Boutur’âges. De l’autre, beaucoup de personnes, souvent isolées, ne sont plus en capacité de s’occuper de leur grand terrain, à cause de leur âge ou pour des raisons de santé. »

Une initiative qui fonctionne bien (et une bonne alternative aux très prisés jardins familiaux), à tel point que l’association cherche élargir dans les prochaines semaines son action aux quartiers Bellevue-Chantenay et Doulon-Bottière.

Proximité et partage

S’il faut avoir un peu la main verte pour participer, l’association organise tout le reste. Les envies, habitudes et disponibilités des uns et des autres sont étudiées afin de former les binômes les plus appropriés. Parfois, le terrain est assez grand pour recevoir plusieurs jardiniers. Dans d’autres cas, en plus des légumes, on fait pousser des fleurs. L’essentiel est de se mettre d’accord, et de tout noter dans une convention.

« La propriétaire ne voulait pas que j’utilise d’engrais, ça tombe bien car je suis vraiment dans une logique de jardinage naturel, explique Leslie, qui dispose d’une parcelle de 40m2 qu’elle a terminé de défricher. Pour les outils, j’apporte mon râteau et mon sécateur mais la dame m’en a mis d’autres à disposition. Elle m’a aussi prêté des livres pour que je m’améliore ! »

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Car l’objectif n’est pas que chacun reste dans son coin. Encore moins que le jardinier se transforme en professionnel, à qui le propriétaire pourrait demander de tondre la pelouse ou tailler les haies. D’ailleurs, les volontaires n’ont même pas d’obligation de résultat. « Le but est en fait qu’il ait de la proximité et de la confiance, assure Audrey Pernis. Certains sont même devenus très proches et se rendent des petits services du quotidien. Quant aux récoltes, en théorie elles reviennent au jardinier. Mais dans la vraie vie, il y a toujours un peu de partage. »