Montagnes: Ce ne sont pas les Alpes mais les Vosges ont aussi leur lot d'accidents et de risques

ACCIDENTS Tandis que les vacances d’hiver ont débuté quelques jours plus tôt, la fréquentation du massif des Vosges a encore augmenté. Des montagnes qui, malgré leur faible altitude, ne sont pas sans danger…

Bruno Poussard

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Le sommet du Hohneck et ses couloirs côté nord dans le massif des Vosges. Document remis RQ Lancer le diaporama
Le sommet du Hohneck et ses couloirs côté nord dans le massif des Vosges. Document remis RQ — 20 Minutes.
  • Avec le début des vacances d'hiver quelques jours plus tôt, la fréquentation du massif des Vosges aux couleurs blanches a encore augmenté.
  • Loin de l'altitude des sommets des Alpes, les plus petites montagnes du nord-est ne sont pas sans danger, comme en attestent les secouristes.

Ce mardi, deux randonneuses perdues à la tombée de la nuit ont dû appeler les secours au pied du ballon d’Alsace. Moins de deux semaines plus tôt, un homme a trouvé la mort en ski de randonnée dans une avalanche de l’autre côté du même sommet. Quelques jours plus tard, un raquettiste est lui décédé en chutant de 40 mètres dans le lac Noir.

Au point culminant de 1.424 mètres, le massif des Vosges est loin de l’altitude de ses cousins des Alpes ou des Pyrénées, mais il n’est pas sans risque. Plusieurs fois par hiver, les préfectures concernées alertent sur les dangers des coulées de neige en montagne. Mais les secours spécialisés sont là aussi sur le pont toute l’année, hiver comme été.

Une vallée vosgienne depuis les crêtes, en plein hiver. Document remis GLC
Une vallée vosgienne depuis les crêtes, en plein hiver. Document remis GLC - 20 Minutes.

Sur le versant alsacien, le peloton de gendarmerie de montagne qui pilote les opérations avec l’appui des pompiers est ainsi intervenu à 181 reprises en 2017 (dont 140 fois en hélicoptère de la sécurité civile ou de la gendarmerie), à peu près autant qu’un an plus tôt. Sur des accidents de parapente, ski alpin, ski de fond, randonnée, raquettes, VTT, bûcheronnage…

Les secours en intervention sur une grosse pente du massif des Vosges.
Les secours en intervention sur une grosse pente du massif des Vosges. - Document remis PGM Hohrod.

Des sommets soumis au vent et au changement de météo

Un nombre d’interventions qui serait au-dessus de la moyenne des pelotons de gendarmerie de montagne, vis-à-vis de la taille du territoire couvert par les douze secouristes entraînés (dont neuf, jeunes ou très expérimentés, sont spécialistes de différentes disciplines de montagne, passés en formation à Chamonix) et basés à Hohrod, dans le Haut-Rhin.

Arrivé des Alpes-Maritimes trois ans plus tôt, le Major Philippe Viré, commandant de l’unité propose une explication : « Tandis que les montagnes environnantes servent de protection à la même altitude dans les Alpes, les sommets des Vosges sont soumis à un effet de vent qui peut vite abaisser les températures et entraîner un changement de météo qui impacte le manteau neigeux. »

« Par exemple, quand la neige tombe en conséquence, qu’il pleut dessus, puis que ça regèle derrière avec un effet de vent, il faut être très prudent dans les pentes. »

 

Sur le sommet du Kastelberg, à deux pas des crêtes du massif des Vosges, en sortie d'hiver.
Sur le sommet du Kastelberg, à deux pas des crêtes du massif des Vosges, en sortie d'hiver. - B. Poussard / 20 Minutes.

Comme lorsqu’une abondante neige fraîche est simplement suivie de bourrasques à l’origine de plaques instables, ainsi qu’il en fut probablement avec la coulée mortelle pour un ski randonneur de 49 ans sur les pentes du Ballon d'Alsace début février, soit 13 ans après la dernière mort causée par une avalanche dans le massif des Vosges.

Les secouristes pilotés par le peloton de gendarmerie de montagne de Hohrod sur une coulée.
Les secouristes pilotés par le peloton de gendarmerie de montagne de Hohrod sur une coulée. - Document remis PGM Hohrod.

« Peut-être plus d’accidents dus à un manque d’expérience »

Loin de l’image de « collines à vaches » que certains ont en tête, les montagnes du nord-est disposent de quelques beaux couloirs, falaises et sentiers exposés, autour du sommet du Hohneck, notamment. « C’est un cliché malvenu, coupe Philippe Viré. Certes, les sommets sont arrondis, mais les Vosges proposent aussi toutes les activités à tous types de pratiquants. »

« C’est un massif qui permet aux gens de se stationner sur les crêtes et d’y partir directement. C’est le terrain de jeu des citadins qui viennent passer un week-end là-haut, peu importent les conditions. […] Peut-être qu’on a plus d’accidents dus à un manque d’expérience. Mais les gens sont quand même de nature prudente. »

 

Le lac gelé du Schiessrothried, au pied des crêtes vosgiennes.
Le lac gelé du Schiessrothried, au pied des crêtes vosgiennes. - B. Poussard / 20 Minutes.

Pas question pour le commandant du peloton de gendarmerie du Haut-Rhin de céder au catastrophisme. Mais d’encourager à la prudence. « Une activité de montage se prépare, ne s’improvise pas, mais le risque 0 n’existe pas », insiste Philippe Viré. Ce dernier incite surtout les débutants à se faire encadrer par des professionnels et aux habitués de prévenir leurs proches de leurs projets de sorties et de leurs changements d’itinéraire.