Sciences: L'écrevisse marbrée, cette espèce envahissante qui se clone tout seule à la perfection

ANIMAUX Cet animal menace les espèces des régions du monde où elle prolifère et se reproduirait par parthénogenèse, ne donnant naissance qu'à des individus féconds...

20 Minutes avec agence

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Une écrevisse marbrée, espèce étrange possédant trois chromosomes et la capacité de se reproduire sans accouplement sexué.
Une écrevisse marbrée, espèce étrange possédant trois chromosomes et la capacité de se reproduire sans accouplement sexué. — Chucholl C./Wikimedia Commons

Apparue dans les années 1990 et particulièrement invasive, l’écrevisse marbrée, ou Procambarus virginalis, serait capable de se reproduire sans l’intervention d’un mâle.

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L’espèce se perpétuerait donc de manière asexuée, ses femelles ayant la capacité de pouvoir générer des clones d’elles-mêmes. Autre caractéristique insolite : elle possède trois paires de chacun de ses chromosomes, là où les autres êtres vivants n’en ont que deux.

Trois chromosomes au lieu d’un

C’est ce qu’ont découvert des chercheurs allemands du Cancer Research Center en analysant l’ADN de plusieurs écrevisses marbrées. Leur étude a été publiée lundi 5 février dans la revue scientifique Nature Ecology & Evolution.

Ils ont découvert que deux des trois chromosomes de l’étonnant crustacé sont génétiquement quasi-identiques quand le troisième est foncièrement différent. Certains des chromosomes sont en fait plus proches de ceux d’une autre espèce d’écrevisse, la Procambarus Fallax.

Des écrevisses trop fécondes

Pour Frank Lyko, auteur principal de l’étude, l’écrevisse marbrée serait apparue dans un aquarium allemand ou américain après la duplication d’un gamète de Procambarus Fallax, provoquée par une forte modification de la température.

Les femelles Procambarus virginalis s’accouplent parfois avec des mâles par parthénogenèse – sans reproduction sexuée. Mais elles sont majoritairement capables de se reproduire seule en copiant à la perfection leur ADN, produisant « des rejetons féconds, ce qui permet à leur population d’exploser », explique le New York Times. Au point de présenter une menace pour les espèces endémiques des zones où elles prolifèrent, et d’être interdites en Europe et dans certaines parties des États-Unis.