«Il est temps qu'on instaure la consigne sur les bouteilles en plastique en France»

RECYCLAGE Les internautes sont globalement favorables à la mise en place d’une consigne sur les bouteilles en plastique…

Charlotte Murat

— 

Un containeur de recyclage des bouteilles en plastique
Un containeur de recyclage des bouteilles en plastique — Fred Tanneau AFP
  • Le gouvernement veut mettre en place une consigne sur les bouteilles en plastique, les canettes et les piles.
  • Nous avons demandé aux internautes de 20 Minutes ce qu’ils en pensent.
  • Ils y sont globalement favorables, racontant le succès de ce système en Allemagne et dans les pays du nord de l’Europe.
  • Là où des consignes existent déjà grâce à des initiatives locales, ils regrettent le faible tarif de la consigne par rapport à la logistique que cela représente.

L’annonce a réveillé des souvenirs nostalgiques. Le gouvernement envisage de relancer le principe de la consigne pour les bouteilles en plastique, les canettes et les piles. Objectif : assurer un meilleur recyclage, quand on sait que « dans les grandes villes, comme Paris et Marseille, seule une bouteille en plastique sur dix est collectée », comme le rappelait Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la transition écologique et solidaire.

La consigne, ce n’est pas inédit en France. Elle était même généralisée sur les bouteilles en verre dans les années 1960, 1970 et 1980. « C’était genre 20 centimes [de franc] le retour et nous les gosses, on le faisait volontiers car c’était notre argent de poche pour acheter des bonbons », se souvient Corinne.

En Allemagne, ça marche

La remettre au goût du jour ? Les internautes qui ont répondu à notre appel sur la page Facebook de 20 Minutes sont globalement pour. En premier lieu parce que chez nos voisins européens, ça marche. Adeline vit entre la France et l’Allemagne, où « la plupart des bouteilles sont consignées. Le système est simple et rôdé. Il suffit de rapporter les bouteilles consignées là où on les a achetées, ou dans un supermarché, qui sont tous équipés d’une machine qui traite automatiquement les bouteilles vides. On introduit les bouteilles dans la machine, une à une. La bouteille est scannée et triée automatiquement. Si une bouteille n’est pas consignée, elle est simplement rejetée par la machine. On la met alors dans l’une des poubelles qui se trouve à côté de la machine pour qu’elle soit recyclée. Lorsqu’on a scanné toutes les bouteilles, la machine imprime un bon qu’il suffit de porter à la caisse du supermarché. On peut soit obtenir l’argent en espèce, ou bien déduire le montant du bon de ses achats. » Même système en Finlande, où a vécu Jean-Baptiste. « Ce n’est pas très contraignant, précise-t-il. De plus, cela permet à des personnes dans le besoin de gagner quelques sous en ramassant les bouteilles qui traînent, ce qui rend également les rues pus propres. » En Scandinavie, « 92 % des bouteilles sont rapportées en consigne», assure Aurélie. « Il est temps que l’on s’en inspire et qu’on l’instaure en France », plaide Adeline.

Des initiatives locales en France

Des initiatives locales n’ont pas attendu les décisions gouvernementales et Chris en profite par exemple dans un supermarché de la Seine-et-Marne. « Tous les samedis, je rapporte mes bouteilles et mes bidons en plastique. Je reçois 1 centime par article. » Même tarif pour Deborah, qui trouve que c'est «une blague». L’argent, le nerf de la guerre et LE point qui freine les internautes. « Pour une soixantaine de bouteilles plastiques rapportées à 25 kilomètres de chez moi, j’ai reçu un bon d’achat de 25 centimes pour 5 euros d’achat, regrette Julien. J’ai repris mon train de vie et continue de garnir mon container à tri. »

>> A lire aussi : Recyclage des plastiques: Le retour de la consigne, la fausse bonne idée?

D’autres se posent la question de la logistique. Rendre les bouteilles à la consigne signifie les entreposer chez soi dans un premier temps. « Les gens préféreront payer quelques centimes de plus et ne pas supporter tous les inconvénients liés au fait de ramener leurs bouteilles vides, prédit Stéphanie. J’aspire à autre chose que de passer mes week-ends à perdre mon temps dans les supermarchés. Mesure d’autant plus pénible pour les gens qui font leur course en ligne pour éviter justement tous ces désagréments et qui seront donc contraints de se déplacer. » « La taxe d’ordures ménagères baissera-t-elle avec ce système ? » demande Nathalie. Où l’on en revient encore à l’argent.