VIDEO. Cassis: Un robot méduse pour nettoyer les ports

ENVIRONNEMENT Ce robot conçu par une société d'Aubagne promet de mieux nettoyer les ports et plus rapidement... 

Mathilde Ceilles

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Le jellyfishbot va très prochainement assurer le nettoyage du port de Cassis
Le jellyfishbot va très prochainement assurer le nettoyage du port de Cassis — N. Caresi
  • La mairie de Cassis a récemment donné son feu vert pour l’acquisition d’un Jellyfishbot.
  • Cet engin est un robot méduse télécommandé qui capture déchets et hydrocarbures.
  • Il serait bientôt autonome.

Qu’est-ce qui est jaune, qui va dans l’eau et qui mange les détritus ? Ceci n’est pas une blague Carambar, mais bien la description d’un type de méduse bien particulier. À une différence près de la bestiole si redoutée des baigneurs : elle ne pique pas, et pour cause, il s’agit… d’un robot ! Baptisée Jellyfishbot, cet objet flottant non identifié est une sorte d’aspirateur qui vogue sur l’eau pour ramasser les déchets qui flottent dans les ports.

« Ces déchets, en se transformant en particulier, peuvent avoir un effet de colmatage des fonds, explique Anne-Elise Muller de l’association France nature environnement Paca. Mais, sur ces fonds, des animaux peuvent avoir pondu, d’autres prolifèrent, et la couche que forment ces déchets peut gêner leur développement. »

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70 centimètres et 16 kilos

Or, jusqu’ici, pour débarrasser les ports des canettes et autres feuilles qui peuvent s’agglutiner dans les ports de la Côte d’Azur, les municipalités avaient deux options. Soit le ramassage se faisait manuellement, avec une sorte d’épuisette, soit les mairies devaient acheter et utiliser un bateau avec deux hommes à bord qui ramassent le plus gros.

« Avec un bateau, on ne peut pas aller partout, regrette Danielle Milon, maire de Cassis (LR), qui utilisait jusqu’ici cette solution. Or, je peux vous dire que la Grande-Rue de Cassis, quand il pleut, c’est un vrai fleuve, jusqu’au port ! » Il y a quelques jours, cette commune des Bouches-du-Rhône tout proche de Marseille a signé un bon de commande, faisant d’elle l’une des premières à acquérir cet engin. « Il mesure 70 centimètres et pèse 16 kilos, donc il peut aller partout, proche des quais, entre les bateaux », se réjouit l’édile.

Contre les hydrocarbures

« Je suis passionnée de voile et de plongée sous-marine depuis mon enfance, explique un de ses créateurs, Nicolas Carlesi, doctorant en robotique et intelligence artificielle. J’étais régulièrement frappé par la présence de déchets dans la Méditerranée, alors j’ai décidé de mettre à profit mes connaissances dans la protection de l’environnement. »

Selon Nicolas Carlesi, aujourd’hui membre de la société aubagnaise Iadys qui conçoit l’engin, ce robot, doté d’une autonomie de 7 à 8 heures, permet également un nettoyage plus rapide que les méthodes jusqu’ici utilisées. « Il peut également enlever les hydrocarbures du port, avec une capacité de 40 litres, se réjouit Danielle Milon. Dans le filet derrière, on met des feuilles absorbantes, qui à l’image du papier buvard avec l’eau, sont sensibles aux hydrocarbures. »

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Bientôt autonome ?

Ce robot permet également aux collectivités de réaliser des économies, puisqu’il ne faut désormais employer qu’une seule personne pour le télécommander au lieu des deux agents nécessaires auparavant pour une collecte par bateau, par exemple… Et les concepteurs travaillent même à l’élaboration d’une version totalement autonome de ce robot. Le prototype sera bientôt en effet équipé d’un laser afin de détecter « les obstacles et de collecter les déchets tout seul, sans être télécommandé », assure Nicolas Carlesi.

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Plusieurs collectivités, dont la métropole d’Aix-Marseille Provence, réfléchiraient à débourser les 8.000 euros nécessaires pour se procurer cet engin. Des tests ont d’ailleurs été effectués dans le Vieux-Port. « Notre objectif est d’équiper une dizaine de ports d’ici la fin de l’année », affirme Nicolas Carlesi.