Alsace: Les premières bouteilles de gaz issu de résidus de betterave vendues à Benfeld

INNOVATION En exclusivité, les vingt premières bouteilles de gaz partiellement biosourcé - soit issu de résidus de divers végétaux - ont été commercialisées cette semaine dans un supermarché alsacien...

Bruno Poussard

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Le gaz biosourcé est notamment fabriqué à base de résidus de betterave sucrière.
Le gaz biosourcé est notamment fabriqué à base de résidus de betterave sucrière. — Ehrecke/Creative Commons/Pixabay.
  • Le gaz biosourcé est fabriqué à partir de végétaux, et plus précisément de résidus de betterave (sucrière), de paille et de copeaux de bois.
  • En exclusivité, les vingt premières bouteilles de gaz partiellement biosourcé ont été commercialisées à Benfeld, en Alsace, cette semaine.

C’est une première française, et peut-être bien mondiale. Cette semaine, Butagaz a commercialisé, ou plutôt même offert, à Benfeld en Alsace, ses vingt toutes premières bouteilles de gaz (de 10 à 15 %) biosourcé. Un composant issu de végétaux, et plus précisément de résidus de betterave (sucrière), de paille et de copeaux de bois.

Derrière le procédé : Global bioénergies, société basée à Evry au sud de Paris - et partenaire depuis un an du fournisseur d’énergie (dont de gaz aux particuliers) Butagaz. « Notre entreprise a été créée avec la vision de transformer les résidus agricoles et forestiers en hydrocarbures », récite Marc Delcourt, directeur général.

Des micro-organismes et une fermentation

En clair, pour transformer les résidus végétaux en bio-isobutène (ou bio-propylène), le laboratoire de la boîte à la soixantaine de salariés utilise des micro-organismes (des bactéries) qui interviennent lors d’une fermentation dans des cuves. Un procédé aussi pensé pour des biocarburants, des matériaux chimiques ou cosmétiques.

Le gaz biosourcé de Butagaz provient de résidus végétaux, de betterave sucrière, de copeaux de bois ou de paille.
Le gaz biosourcé de Butagaz provient de résidus végétaux, de betterave sucrière, de copeaux de bois ou de paille. - B. Poussard / 20 Minutes.

« C’est une avancée importante pour prendre part à la transition énergétique, vante Emmanuel Mannooretonil, chargé des nouveaux business chez Butagaz. On partage un rêve, celui de voir les déchets et résidus de l’industrie sucrière alimenter nos produits sur le long terme. » Sans que le consommateur n’y voie pour autant de changement.

Une grande usine en projet en Champagne pour 2021

Après ce petit teasing effectué à l’Intermarché de Benfeld, au sud de Strasbourg, près du site de fabrication de sucre d’Erstein - du groupe Cristal Union, un autre partenaire -, les clients devront cependant attendre trois ans avant de retrouver ces bouteilles de gaz partiellement biosourcé commercialisées largement dans les supermarchés.

Fernard, le tout premier client de Butagaz à repartir avec sa bouteille de gaz biosourcé pour sa gazinière, à Benfeld, en Alsace.
Fernard, le tout premier client de Butagaz à repartir avec sa bouteille de gaz biosourcé pour sa gazinière, à Benfeld, en Alsace. - B. Poussard / 20 Minutes.

Si la première bouteille est sortie en septembre 2017 du démonstrateur mis en place sur le site d’une ex-raffinerie allemande (avec cinq kilos de résidus de betterave pour un kilo de gaz), une usine capable de produire 50.000 tonnes par an est en projet en Champagne (près de Reims ou Troyes) pour 2021. Reste à lever 115 millions d’euros.

Une fois commercialisé auprès du grand public, ce gaz biosourcé (de 10 à 15 %, une quantité modérée visant ainsi une installation progressive de la filière) coûtera probablement un peu plus cher. Mais, selon ses créateurs, une telle avancée permettra aussi de réduire de 40 % les émissions de carbone vis-à-vis des bouteilles normales.