Bretagne: Faut-il généraliser la tarification incitative pour améliorer le tri de déchets ?

ENVIRONNEMENT L’Ademe souhaite inciter les collectivités à opter pour cette solution...

Camille Allain
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Illustration d'un camion de collecte des déchets, ici à Rennes.
Illustration d'un camion de collecte des déchets, ici à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • L'Ademe organise une journée d'information sur la tarification incitative à Rennes.
  • Les collectivités qui ont opté pour cette solution ont vu le poids des ordures ménagères baisser.
  • La redevance incitative est une solution pour améliorer le tri des déchets.

La Bretagne est bonne élève en ce qui concerne le tri des déchets. Une bonne élève qui doit poursuivre ses efforts, à en croire l’Ademe. L’agence de l’environnement organise jeudi à Rennes une journée d’information à destination des collectivités au sujet de la redevance incitative. Ce système de tarification varie selon le nombre de fois où les habitants sortent leurs poubelles.

« Montrer que cela fonctionne »

Pour l’Ademe, cette journée d’information a un objectif simple. « Nous voulons montrer que cela fonctionne. La redevance incitative est un levier très fort pour booster les performances de tri et baisser le coût de la collecte », assure Véronique Marie, chargée de mission à l’Ademe Bretagne. Certaines collectivités ont ainsi vu le poids des ordures ménagères baisser de 10 % et les recyclables augmentent en flèche. « Mais ce n’est qu’un outil. Avant de lancer la tarification, il faut proposer tous les outils aux habitants, comme des composteurs », poursuit la responsable de l’Ademe.

En tapant au portefeuille, les collectivités « forcent » leurs administrés à adopter un comportement plus vertueux. Et ça marche. « Nous avons lancé une collecte des biodéchets en 2013. Pour encourager les habitants, nous avons mis en place la redevance incitative et fourni des poubelles avec des puces électroniques », témoigne Guillaume Boucherie, directeur du Smictom des pays de Vilaine​.



En quelques semaines, le taux de recyclage est passé de 48 à 62 % dans les 30.000 foyers du secteur. Aujourd’hui, 60 % des ménages ne présentent plus leur poubelle qu’une fois par mois. « Mais il nous a fallu six mois de porte à porte pour expliquer la démarche aux habitants ».

« Le système ne doit pas être punitif »

Au Smictom des Forêts, les élus ont décidé de maintenir le montant de la redevance, mais d’offrir une baisse de 5 à 10 euros aux habitants les plus écolos depuis 2013. « C’est symbolique mais c’est incitatif. Le système ne doit pas être punitif », estime Jérôme Marquet directeur des services sur le territoire de Liffré. « On ne voulait pas que les gens aillent jeter leur poubelle chez leur voisin », poursuit le directeur. Dans les faits, l’Ademe assure que ce n’est pas le cas. « Il y a quelques incivilités mais pas plus qu’avant. On voit parfois des dépôts sauvages mais ça existait déjà », assure Véronique Marie.

Les déchetteries à la loupe

Les syndicats mixtes s’intéressent désormais aux déchetteries. Très fréquentées des Bretons, elles sont en « surperformance ». « La réflexion est en cours. Il y a sans doute des choses à valoriser », estime le Smictom des pays de Vilaine.

« 30% de nos déchets sont organiques et peuvent être valorisés. Car brûler de l’eau, ça ne sert à rien », appuie l’Ademe.