Gironde: 900.000 m3 d’eau économisés par an, grâce à des mesures portées par le Département

ENVIRONNEMENT Le département de la Gironde a lancé depuis 2012 l’expérimentation de mesures visant la réduction de la consommation d’eau potable dont les conclusions sont livrées ce jeudi. Un enjeu brûlant puisque la ressource s’appauvrit et que le nombre d’habitants est en croissance en Gironde…

Elsa Provenzano

— 

Depuis 2012, le département de la Gironde expérimente des mesures pour réduire la consommation d'eau sur le territoire.
Depuis 2012, le département de la Gironde expérimente des mesures pour réduire la consommation d'eau sur le territoire. — LODI Franck/SIPA
  • Depuis 2012, le département de la Gironde a lancé un programme MAC eau, pour maîtrise de la consommation en eau, visant à expérimenter des pistes pour économiser l'eau potable. 
  • Les actions expérimentales menées (kits hydro-économes pour les ménages, modulateurs de pression sur le réseau etc) ont permis d'économiser 900.000 m3 par an et d'évaluer l'efficacité et la rentabilité financière des diffèrentes mesures.
  • Parallèlement d'autres sites de prélèvements d'eau sont étudiés en Gironde puisque la principale nappe profonde utilisée est surexploitée.  

En Gironde, un habitant consomme 72 m3 d’eau par an contre une moyenne française qui s’établit à 90 m3 par habitant. Les Girondins ne sont donc pas les plus gourmands en eau mais celle-ci a la particularité d’être puisée dans des nappes très profondes sur ce territoire. « On dispose d’un outil d’observation des niveaux des nappes phréatiques depuis 60 ans, en lien avec le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), pointe Alain Renard, vice président du département chargé de la préservation de l’environnement. Et depuis une quinzaine d’années, on sait que la nappe appelée éocène centre est surexploitée, c’est-à-dire qu’elle ne se renouvelle pas assez rapidement au vu de la consommation ».

>> A lire aussi : Eau: Face à la surexploitation des nappes souterraines, la Gironde doit se trouver de nouvelles ressources

Si l’eau n’est pas une compétence directe du département, il a décidé de se saisir de cette problématique en partenariat avec le syndicat mixte d'étude et de gestion de la ressource en eau du département de la Gironde (SMEGREG) puisqu’elle a une conséquence forte sur l’accès aux territoires et sur la question d’un droit au partage des ressources. En 2012, il a lancé l’expérimentation MAC eau, afin de trouver des pistes pour économiser l’eau potable, dont les conclusions sont livrées ce jeudi.

Des solutions pour réduire la consommation d’eau

Grâce aux mesures testées, le département annonce que 900.000 m3 d’eau ont été économisés par an. Quelque 60.000 foyers du département ont été équipés en kits hydro-économes sur 392 communes et l’économie minimale générée est de 12 % par an et par foyer. « Et une fois que des mousseurs par exemple sont installés, il y a une sensibilisation aux gestes », assure Alain Renard. Des modulateurs de pression, qui permettent de diminuer la pression d’eau pour limiter les volumes des fuites, ont été testés sur le réseau d’alimentation en eau du syndicat du Blayais, que préside par ailleurs Alain Renard. « Installés sur les 250 kilomètres du réseau, ils ont permis d’économiser 90.000 m3 sur l’année », se félicite l’élu.

>> A lire aussi : Réchauffement: à Bordeaux, il y a aussi de l'eau, mais pour combien de temps?

L’intérêt du projet Mac eau est de mesurer l’efficacité technique et la rentabilité financière des dispositifs, pour livrer des informations éclairées aux collectivités. « Avec un kit d’économie d’eau entre 10 et 15 euros, on voit que l’équipement d’un foyer peut être rentabilisé au bout d’un an et l’investissement sur des modulateurs de pression est, lui, amorti entre trois à cinq ans », affirme le vice-président du Département. Toutes les données récoltées par le département au cours de son expérimentation seront mises à disposition des collectivités début 2018, sur le site jeconomiseleau.org

D’autres zones de prélèvements étudiées

Parallèlement à ces efforts pour mieux maîtriser la consommation d’eau, des études exploratoires sont menées pour l’exploitation de nouvelles ressources en eau, dans les Landes du Médoc et dans le Sud-Gironde. En termes d’aménagement du territoire, l’élu estime qu’il faudra moins compter sur « des terrains ouverts à l’urbanisation », facteurs d’étalement urbain, et qui impliquent de rallonger le réseau.

>> A lire aussi : Sécheresse en Gironde: Certains usages de l'eau restreints par le préfet

Le prix de cette eau potable, rappelle Alain Renard, comprend tout l’aspect gestion des prélèvements mais aussi des réseaux et de leurs renouvellements. Et un problème nouveau pour les générations futures se dessine, celui d’un problème de disponibilité de la ressource, a fortiori dans un département attractif, dont la population a augmenté de 6,3 % au dernier recensement de 2014 par rapport à 2009.