Nice: Des micro-algues pour remplacer les farines animales (et révolutionner l’aquaculture)

REGIME HYPERPROTEINE Ces scientifiques azuréens espèrent toucher les fermes de poissons mais aussi d’autres élevages animaliers…

Fabien Binacchi

— 

La micro-algue a été sélectionnée pour sa forte concentration en protéines, dont des acides aminés essentiels
La micro-algue a été sélectionnée pour sa forte concentration en protéines, dont des acides aminés essentiels — Inalve
  • A Nice, des chercheurs azuréens ont mis au point un procédé de culture d’une micro-algue hyperprotéinée qui pourrait remplacer les farines animales utilisées dans l’aquaculture.
  • Inalve, qui vient de recevoir un prix au Concours mondial d’innovation, espère un début d’industrialisation de ses cultures courant 2019.

« On est parti d’un simple constat. Pour produire un kilo de poisson d’élevage, il faut 4 kg de poisson sauvage réduit en poudre. Ça ne peut pas être la seule solution. » Pour mettre leur petit grain de sel dans l’aquaculture, et au-delà, à tous les niveaux de l’élevage animalier, deux scientifiques niçois ont mis au point un substitut écolo aux farines animales.

Passés par l’Inria et l’Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer, Hubert Bonnefond et Christophe Vasseur ont créé la start-up Inalve et mis au point un procédé « unique au monde » de production de micro-algues hyperprotéinées.

Les deux scientifiques Hubert Bonnefond et Christophe Vasseur
Les deux scientifiques Hubert Bonnefond et Christophe Vasseur - Inalve

Des acides aminés essentiels

« Nous avons multiplié les recherches pour trouver la variété parfaite [sur 200.000 à 1.000.000 d’espèces qui existeraient selon les spécialistes] en termes de nutriments mais aussi de culture », vante le second. La « biomasse » obtenue est composée à 60 % de protéines, dont deux acides aminés essentiels : la méthionine et la lysine.

La société vante le fort rendement de sa culture
La société vante le fort rendement de sa culture - Inalve

Autre avantage donc, la micro-algue s’agglomère pour être récoltée facilement. Avec très peu d’eau et une surface 40 fois moins importante que pour la culture de céréales. Et aussi avec un coût qui pourrait permettre aux deux Azuréens de concurrencer les farines animales, vendues environ 2.000 euros la tonne.

>> A lire aussi : Des algues pour rouler et se nourrir

Une industrialisation dès 2019 ?

Les travaux d’Inalve viennent de décrocher un prix au Concours mondial d’innovation. Et font déjà l’objet de plusieurs brevets. « Des tests ont commencé avec des élevages et nous pourrions compter sur une industrialisation en 2019 », précise Christophe Vasseur.

En attendant de révolutionner l’alimentation mondiale, la société a prévu de recruter une douzaine de nouveaux collaborateurs courant 2018.