Hautes-Alpes: Des prières et des travaux pour sauver Gap de la sécheresse

SÉCHERESSE L’évêque de Gap à appeler à des prières pour la pluie, tandis que la mairie vient de finaliser des travaux en urgence pour remédier à la sécheresse…

Adrien Max

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Sécheresse. (Illustration)
Sécheresse. (Illustration) — François NASCIMBENI / AFP
  • Face à la sécheresse qui frappe le sud est et notamment Gap, l’évêque de Gap appelle à trois jours de prière pour la pluie.
  • Le maire de Gap a été obligé de faire des travaux afin de pomper dans une nappe phréatique.
  • Il souhaite réfléchir à des solutions sur le long terme.

Une danse de la pluie. La comparaison peut prêter à sourire, pourtant la situation n’a rien de drôle. Face à l’extrême sécheresse qui touche le sud-est de la France, et plus particulièrement la ville de Gap, ( Hautes-Alpes), l’évêque Xavier Malle a appelé à trois jours de prière pour la pluie dans un communiqué : « Je vous invite donc à trois jours de prière pour « demander la pluie », les 8, 9 et 10 décembre prochain », peut-on y lire.

« Une chrétienne du Lautaret m’a soumis l’idée. Dans l’histoire chrétienne, des messes ont été célébrées pour la pluie et après réflexion et discussion avec mon diocèse j’ai accepté », explique l’évêque. Cette démarche religieuse précède surtout une volonté citoyenne.

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Prise de conscience

« J’ajoute que prier pour que vienne la pluie c’est – par voie de cohérence – réfléchir à nos pratiques quotidiennes de consommation d’eau et aussi aux choix d’alimentation, de transport, de chauffage qui participent au dérèglement climatique », ajoute-t-il dans son communiqué.

A travers cet appel l’évêque souhaite « faire prendre conscience de la rareté de l’eau », lui qui s’est rendu compte de sa valeur lors d’un voyage en Israël. « Beaucoup de géopoliticiens nous expliquent que la 3e Guerre mondiale pourrait être celle de l’eau. Ici nous vivons dans un microcosme dans lequel cette réalité est bien présente », considère-t-il.

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Une solution d’urgence

Le Maire de Gap, Roger Didier, n’a pas encore gagné la guerre mais il est en passe de remporter une bataille. Alors que les eaux pour alimenter la ville sont pompées directement dans le Drac, son débit ne permet plus cet approvisionnement. « Nous sommes allés pomper de l’eau dans une nappe phréatique, mais elle n’avait aucune résistance », explique Roger Didier. Aucune résistance signifie qu’elle se vidait sans se remplir.

Une autre nappe phréatique a finalement été trouvée, qui est cette fois également alimentée par le Drac. « Nous avons dû faire une tranchée de près de 700 mètres sur un dénivelé de 100 mètres. Nous y avons installé une pompe ainsi que des groupes électrogènes pour les alimenter », détaille l’édile.

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Long terme

Les travaux ont été achevés lundi, et l’opération semble être en passe d’être réussi puisque 100 litres par seconde y sont prélevés, alors que la ville de Gap en consomme 90. « Cette nappe semble être stable, l’agence régionale de santé est venue y faire des relevés et tout est aux normes », se satisfait Roger Didier. Des relevés y seront réalisés quotidiennement afin d’analyser l’évolution de la nappe. Grâce aux 10 litres d’eau de différence entre le pompage et la consommation, le lac des jaussaux, la réserve habituelle de la ville, se remplit même légèrement.

Mais cette solution reste éphémère bien que l’approvisionnement serait assuré jusqu’au début du printemps. « Bien sûr nous allons réfléchir à des solutions sur le moyen terme et sur le long terme mais il fallait répondre en urgence à cette situation dramatique que nous n’avons jamais connu », prévoit le maire. En attendant, la pluie devrait revenir ce week-end ou en début de semaine prochaine. Mais pas de quoi rattraper la sécheresse qui perdure depuis six mois.