Run Eco Team: Le joggeur nantais qui ramasse des déchets lance son appli et un compteur mondial

ENVIRONNEMENT Nicolas Lemonnier a déjà réussi à convaincre 20.000 personnes de faire leur jogging en ramassant des déchets…

Julie Urbach

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Nicolas Lemonnier,  fondateur du mouvement Run Eco Team
Nicolas Lemonnier, fondateur du mouvement Run Eco Team — Nicolas Lemonnier
  • Après avoir été mise en lumière par le président de Facebook, l’association Run Eco Team s’est développée dans une centaine de pays.
  • Elle a lancé ce mardi une application pour smartphone.

C’est une idée toute bête qui aurait déjà séduit plus de 20.000 personnes dans le monde, dont Mark Zuckerberg, le président de Facebook (rien que ça). Courir en ramassant des déchets, voilà un concept surprenant qui pourrait prendre encore plus d’ampleur avec le lancement, ce mardi, d’une appli pour smartphone. C’est en tout cas l’objectif de Nicolas Lemonnier, ce Nantais de 35 ans qui se cache derrière l’association Run Eco Team, créée il y a près de deux ans.

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« C’est une appli de running plutôt classique, sauf qu’elle propose à la fin de se prendre en photo et d’alimenter un compteur mondial de la quantité de déchets récoltés, explique le jeune ostéopathe, qui s’est mis à la course à pied en 2015 juste avant la naissance de son fils. En juin, on avait calculé que nos membres avaient ramassé en moyenne 19 tonnes par semaine. Il est possible que ce soit beaucoup plus ! Et puis faire monter un compteur, c’est très motivant. »

Une course avec le président Macron

Pour que les chiffres grimpent, Nicolas Lemonnier peut compter sur ses soutiens, très nombreux. Après que le président de Facebook a fait exploser sa cote de popularité, en postant une vidéo qui mettait en valeur son action en décembre dernier, plusieurs sportifs et personnalités (Stéphane Diagana, Laurie Thilleman, Audrey Pulvar…) ont adhéré à son mouvement 1 Run = 1 déchet. Il se murmure même que le président de la République Emmanuel Macron pourrait lui aussi se prêter au jeu, dans les prochains mois. « Les contacts sont pris, ça se concrétise. »

Mais c’est surtout grâce aux milliers de membres de sa page Facebook, qui postent chaque jour des selfies armés d’ordures en tous genres que le mouvement s’emballe. « On a ouvert un groupe au Portugal la semaine dernière, et il y a déjà plusieurs centaines de membres. Ça marche aussi très bien en Suède, aux Etats-unis, en Chine…, se félicite Nicolas Lemonnier. C’est super, surtout quand on sait que ça a permis à beaucoup de gens sensibles à l’environnement de se mettre à la course. Courir pour un monde plus propre, c’est un projet passionnant. »

Des données pour les municipalités

L’objectif de l’appli est aussi de réaliser une cartographie de la propreté des chemins empruntés par les joggeurs et promeneurs partout dans le monde. A la fin de sa course, une fois qu’il a posté une photo de son butin, l’utilisateur peut mettre une note évaluant l’état de saleté du parcours réalisé. « Ces données seront à disposition des municipalités, indique Nicolas Lemonnier. Elles permettront peut-être d’installer davantage de poubelles dans ces zones, ou d’organiser des collectes plus régulières. »

En plus des sorties individuelles, quelque 200 événements ont déjà été organisés en France. A Nantes, il y a deux semaines, des dizaines coureurs munis de petits sacs à dos ont réuni 255 kg de déchets en ville, dont une grosse quantité de canettes et bouteilles vides. Sur les différents parcours, c’est celui aux abords des Machines de l’île qui a été désigné comme le plus sale.