Glyphosate: Malgré le vote des 28 de l'UE, Macron veut interdire l'herbicide en France «au plus tard dans 3 ans»

AGRICULTURE Après le vote des Etats membres de l'UE, Emmanuel Macron a tout de suite réagi pour prôner l'interdiction du glyphosate en France d'ici trois ans...

20 Minutes avec AFP

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Des manifestants anti-glyphosate à Bruxelles le 27 novembre 2017.
Des manifestants anti-glyphosate à Bruxelles le 27 novembre 2017. — Virginia Mayo/AP/SIPA

Les Etats membres de l’Union européenne ont voté, mais Paris n’en démord pas. Malgré le vote des 28 Etats membres ce lundi qui  réautorise pour 5 ans le glyphosate, Emmanuel Macron a affirmé que l’herbicide serait interdit en France « au plus tard dans trois ans ».

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« Make our planet great again »

« J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans », a écrit le chef de l’Etat sur son compte Twitter, le tout accompagné d’un hashtag reprenant son fameux « Make our planet great again » (« rendre sa grandeur à notre planète », un détournement du slogan de campagne du président américain Donald Trump).

A l’unisson, plusieurs membres du gouvernement ont posté sur Twitter des messages allant dans le même sens. « Malgré le vote à Bruxelles, la France reste déterminée à sortir du glyphosate en moins de cinq ans. Nous travaillons de concert avec tous les acteurs pour trouver des alternatives crédibles », a écrit la secrétaire d’Etat rattachée au ministère de la Transition écologique Brune Poirson.

« La santé avant tout. La France sera en pointe pour trouver des alternatives au glyphosate. Objectif : en sortir d’ici trois ans, avec l’action résolue de Nicolas Hulot, Brune Poirson et Sébastien Lecornu », a renchéri le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

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Matignon « regrette » le vote des 28

La France « regrette » le résultat du vote européen de ce lundi réautorisant le glyphosate pour cinq ans et demande à la Commission européenne de faire « rapidement » des propositions pour revoir ses modes d’évaluation des substances chimiques, a indiqué Matignon. « La France souhaite que la Commission fasse rapidement, comme elle l’a annoncé, des propositions de réforme du cadre européen d’évaluation des substances chimiques, afin de renforcer sa transparence et son indépendance », écrit le cabinet du Premier ministre Edouard Philippe, sollicité par l’AFP après la décision européenne.

« Notre détermination, avec d’autres Etats membres, a permis de diminuer sensiblement la durée initialement proposée (de dix à cinq ans) », souligne toutefois le cabinet du Premier ministre. La demande de Paris lundi de revoir les modes d’évaluation européen vient à la suite des débats intenses qui ont eu lieu depuis le classement de la substance comme « cancérogène probable » en mai 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (un organe de l’OMS).

Recherche de substitutions au glyphosate

Pour proposer la réautorisation, la Commission s’était appuyée sur le feu vert de ses agences scientifiques, l’Efsa et l’Echa (sécurité alimentaire et produits chimiques), qui n’avaient pas classé la substance comme cancérogène sur la base d’autres études. Mais des accusations d’influence sur ces études scientifiques de l’industrie phytosanitaire et du géant américain Monsanto en particulier sont venues s’ajouter aux discussions.

« La France entend continuer, avec d’autres Etats membres, à peser au niveau européen pour que la Commission mène des études supplémentaires sur la dangerosité du produit et sur les alternatives pour les agriculteurs, comme l’a demandé le Parlement européen. La France est également favorable aux restrictions d’usage pré-récolte proposées par le Parlement, au niveau européen », souligne Matignon dans son communiqué à l’AFP.

Au niveau national, les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique doivent remettre « début décembre » des propositions pour limiter l’usage des pesticides dans l’agriculture, rappelle Matignon. « La priorité doit être donnée à la recherche des alternatives afin de pouvoir sortir le plus vite possible du glyphosate », indique-t-on encore.