Tigre abattu à Paris: L’animal aurait-il pu être épargné?

POLEMIQUE Plusieurs associations réclament la fin des cirques présentant des animaux…

Nicolas Raffin

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Illustration: Un tigre au zoo de La Flèche, en France, le 27 mars 2016.
Illustration: Un tigre au zoo de La Flèche, en France, le 27 mars 2016. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
  • Un tigre qui s’était échappé d’un cirque a été abattu par son propriétaire vendredi à Paris.
  • La loi autorise l’abattage en cas d’absolue nécessité.
  • D’autres évasions d’animaux de cirque ont déjà eu lieu cette année.

La mort de Mevy, une tigresse de 18 mois, aurait-elle pu être évitée ? L’animal, qui s’était échappé du cirque Bormann-Moreno vendredi, a été abattu par son propriétaire en pleine rue, dans le 15e arrondissement de Paris. « Un geste terriblement douloureux mais nécessaire » selon le communiqué du cirque publié sur Facebook.

Que dit la loi ? L’arrêté du 18 mars 2011 précise les conditions dans lesquelles des animaux sauvages, comme les tigres, peuvent être utilisés par des cirques. L’article 24 explique qu’ils doivent être placés « sous la surveillance permanente du personnel de l’établissement » lorsque les animaux se trouvent dans une « installation extérieure ».

En cas de fuite d’un animal, le texte de loi prévoit que le responsable « doit avoir à sa disposition et d’une manière facilement accessible les matériels de capture appropriés à chaque espèce ». Quant à l’abattage, il « ne peut être effectué qu’en cas d’urgence et s’il est de nature à éviter une blessure ou à sauver une vie humaine », à la condition que « tous les autres moyens pour repousser ou capturer l’animal sont ou s’avèrent inopérants. »

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A-t-elle été respectée ? Une enquête a été ouverte, pour savoir s’il y avait eu mise en danger de la vie d’autrui. « La tigresse est partie (…) elle s’est un petit peu affolée et là, il a fallu que je prenne une décision rapide, et ça fait partie du protocole de sécurité, il faut abattre l’animal » a expliqué Eric Bormann, le directeur du cirque.

C’est l’un des points que l’enquête devra éclaircir : l’animal aurait-il pu être capturé vivant comme le prévoit la loi, où était-il trop menaçant vis-à-vis des personnes ? Pour l’association de défense des animaux PETA, « Il n’est pas étonnant que cet animal ait cherché à s’échapper : Les animaux dans les cirques passent la majorité de leurs vies enfermés dans des cages ou des wagons de transport, et peuvent subir des méthodes de dressage violentes. »

Y a-t-il eu d’autres évasions d’animaux de cirque en 2017 ? Selon un décompte établi par Peta France début novembre, 13 « incidents » impliquant des animaux de cirques ont eu lieu depuis le début de l’année. En mars, deux agressions impliquant des chameaux avaient été signalées dans le Vaucluse. Fin août, un autre chameau s’était échappé quelques heures à Villeparisis (Seine-et-Marne).

L’incident le plus sérieux s’est déroulé à Massy (Essonne). En début d’année, deux lionnes étaient brièvement sorties de leur cage suite à une « erreur humaine ». Selon Le Parisien, l’un des félins avait même « déambulé de longues minutes au milieu des autres enclos » avant d’être rattrapé, sans être blessé.