Strasbourg: Comment la ville peut inspirer la ministre et la prochaine loi sur les mobilités

TRANSPORTS En déplacement à Strasbourg dans le cadre des Assises de la mobilité, la ministre des transports Elisabeth Borne est notamment venue puiser des idées dans les mobilités actives, à vélo ou pied…

Bruno Poussard

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En pourcentage d'utilisateurs, Strasbourg est la capitale française du vélo, pour plusieurs raisons, pas seulement liées aux aménagements de pistes. Illustration
En pourcentage d'utilisateurs, Strasbourg est la capitale française du vélo, pour plusieurs raisons, pas seulement liées aux aménagements de pistes. Illustration — G. VARELA / 20 MINUTES
  • La ministre a eu le droit à une visite en Vélhop et à pied de Strasbourg.
  • Une loi d’orientation des mobilités est annoncée pour début 2018.

La ministre a même enfourché un Vélhop. En déplacement à Strasbourg, Elisabeth Borne, chargée des transports au gouvernement, a eu le droit à une visite particulière à pied puis à bicyclette. Afin de découvrir des pratiques, plus ou moins nouvelles, autour des modes de déplacement doux dans la capitale alsacienne, spécialiste de la petite reine.

Venue pour la réunion locale des Assises nationales de la mobilité (présentées comme une vaste consultation en vue de la loi d’orientation des mobilités annoncée pour le premier semestre 2018), la ministre des Transports a pris le temps, ce lundi après-midi, de découvrir plusieurs initiatives strasbourgeoises. Où des idées seraient à piocher.

Strasbourg a été précurseur dans bon nombre de domaines. Ça fait longtemps qu’elle a une politique sur les mobilités actives. Je suis venue voir tout ce qu’on y a fait d’innovant, quels ressorts on a pu utiliser pour avancer sur le vélo, comment aller plus loin et comment diffuser ces bonnes pratiques partout en France.

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A la rencontre de vélo-écoles et ateliers d’auto-réparation

En pédalant bien entourée, Elisabeth Borne s’est rendue aux sièges des associations du Comité d’action deux roues (Cadr) 67 et de Bretz’selle, afin de discuter de vélo-écoles, puis d’ateliers d’auto-réparation. Sur son vélo cargo, l’adjoint Jean-Baptiste Gernet souhaitait ainsi lui montrer « l’accompagnement visant à changer les comportements » :

Parce qu’investir un euro dans des équipements est une bonne chose. Mais investir un euro dans l’humain, c’est bien aussi.

La ministre cherche des idées pour encourager encore un peu plus la pratique du vélo ou de la marche au quotidien : « Quand on sait que 70 % des déplacements en voiture font moins de trois kilomètres, on se dit qu’il y a un levier énorme pour basculer. » Et dans l’Eurométropole de Strasbourg, 18 % des déplacements se font déjà à vélo.

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« Strasbourg montre que le vélo peut être rapide, fluide, efficace »

En fin d’après-midi, un atelier national sur les mobilités actives dans le cadre de ces Assises s’y est donc logiquement tenu. Des acteurs locaux y ont pris part. Parmi eux, en plus du Cadr 67 et de Bretz’selle, un responsable d’Emmaüs a également parlé d’insertion par le cycle, au milieu de différentes innovations mises en place en Alsace.

Secrétaire générale du club des villes cyclables, Véronique Michaud embraye : « A l’échelle de la métropole, Strasbourg montre que le vélo peut être rapide, fluide, efficace, et pas seulement sur des déplacements de proximité pour acheter le pain. Beaucoup d’idées sont à prendre dans son système vélo global, comme dans son plan piéton. »

Strasbourg, le 4 septembre 2015 - Emplacement pour un vélo cargo devant l'école maternelle et primaire Saint-Thomas.
Strasbourg, le 4 septembre 2015 - Emplacement pour un vélo cargo devant l'école maternelle et primaire Saint-Thomas. - Floreal Hernandez

Le stationnement parmi les infrastructures mises en avant

La spécialiste met en avant le vaste réseau des infrastructures, les nombreuses places de stationnement dédiées ou encore l’offre de réparation par soi-même. Avant de préconiser d’abord « d’encourager le savoir pédaler » ou « de développer les vélo-écoles », et ce à travers « un coup de boost [attendu] de l’Etat. » Véronique Michaud poursuit :

On attend un soutien renforcé aux collectivités pour accélérer le développement du vélo à toutes les échelles, en centre-ville comme en périphérie – où le vélo disparaît souvent – ou encore en milieux ruraux.

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Certes, les aménagements cyclables de Strasbourg – parfois vieillissants ou en manque de continuité – ont leurs défauts, mais la ville tente d’innover. Dans les initiatives et idées présentées ce lundi par différents acteurs, la ministre a également entendu parler de garages sécurisés ou d’un possible système d’immatriculation national des vélos.