Le Grand Est est la première région éolienne de France

ENERGIE A la pointe dans l'éolien, la région Grand Est a battu des records en 2016, passant notamment la barre des 3 gigawatts de puissance éolienne raccordée...

Alexia Ighirri

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Le Grand Est est la première région éolienne de France (Illustration)
Le Grand Est est la première région éolienne de France (Illustration) — FREDERIC SCHEIBER / 20 MINUTES
  • Le Grand Est confirme sa place de leader de l'énergie éolienne en France.
  • 2016 a été une année record pour cette énergie renouvelable dans le Grand Est: avec le franchissement de la barre des 3 gigawatts de puissance et avec le nombre le plus important de puissance installée en 2016.

Le vent tournera peut-être. Mais en attendant, la région Grand Est est encore la championne de France de l’énergie éolienne. Grâce à une année 2016 marquée par différents records, la région confirme sa place de leader dans la production de cette énergie renouvelable.

Selon l’Observatoire de l’éolien édité par France Energie Eolienne, porte-parole des professionnels du secteur, la région a franchi la barre record des trois gigawatts (GW) de puissance raccordée. Devant les Hauts-de-France et l’Occitanie.

Eolien Grand Est - production
Infogram

Alors qu’elle produit à elle seule un quart de l’énergie éolienne française, la région a aussi signé le record de puissance installée sur l’année : 29 nouveaux parcs y ont vu le jour, représentant 360 mégawatts (MW) d’énergie supplémentaire. Soit l’équivalent de la consommation électrique de 280.000 foyers (hors chauffage et eau chaude).

Plus globalement, la production d’énergie éolienne permet de couvrir environ 11 % des besoins en consommation des habitants de la région, chiffre Thomas Guilbaud, délégué régional adjoint Est chez France Energie Eolienne. La moyenne française tourne autour des 5 %.

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Le Grand Est compte 220 parcs éoliens de toute taille et puissance. Parmi lesquels, celui du plateau de Belfays, par exemple, avec dix éoliennes mises en service il y a quelques semaines.

Objectif 4,4 gigawatts cumulés à l’horizon 2020

Une première place qui peut étonner lorsqu’on s’imagine encore que les régions proches du littoral sont le terrain le plus propice à l’énergie éolienne. « Même si une première éolienne a été installée en 2002 dans la Marne, l’éolien s’est d’abord développé dans les régions les plus ventées. Il y a eu un développement assez rapide ensuite en Champagne-Ardenne et en Lorraine pour rattraper ce “retard”. Et le Grand Est restera parmi les premières régions de France », explique Thomas Guilbaud.

Puisqu’il faudra entre autres compter, au cours des prochaines années, sur quelque 495 éoliennes autorisées encore non-construites supplémentaires, pour 1.492 MW (soit 1,4 GW) produits. Le conseil régional du Grand Est annonce avoir pour objectif « l’installation de 4.477 MW cumulés à l’horizon 2020 ».

Merci l’évolution technologique et la Champagne-Ardenne

Comment le Grand Est a décroché le leadership ? Il faudra pour cela remercie « l’évolution technologique qui permet de capter des vents plus faibles », indique l’expert de France Energie Eolienne. Et puis il y a la configuration géographique du territoire. Notamment du côté de la Marne, de l’Aube et des Ardennes. « L’habitat y est concentré autour des vallées, avec de grands espaces entre chacune ». De quoi accueillir plus facilement des éoliennes.

Quid de la volonté politique ? Pour le délégué, cela a évidemment eu un impact, « notamment en Champagne-Ardenne, qui a été la région pionnière en termes de planification territoriale en se dotant d’un schéma régional éolien en 2005 alors que ce n’était pas obligatoire. Ça a créé un appel ! »

Des centaines de contraintes

Reste que l’implantation de ces mats et pales est « assujettie à des centaines de contraintes, poursuit-il. Le vent, la géographie, l’habitat parce que si celui-ci est dispersé, c’est forcément plus compliqué ».

Et puis des contraintes peut-être moins évidentes pour le grand public : « Les servitudes aéronautiques de l’aviation civile et de l’armée de l’air, pour lesquelles le Grand Est est plus concerné que la moyenne », répond Thomas Guilbaud.

« Pour maintenir la dynamique, il faut trouver une solution pour faire cohabiter les éoliennes et les missions de surveillance de l’espace aérien. Sinon on va se retrouver à densifier les mêmes parcs. »

Des formations spécifiques sur le territoire

Les éoliennes, il faut les construire. Il faut aussi les faire fonctionner. Et tout cela s’apprend. Des formations spécifiques ont été mises en place dans le Grand Est. De niveau bac +4/+5 dans les universités alsaciennes, lorraines et champardennaises ou des licences pro dans différents établissements.

En 2006, le lycée Bazin à Charleville-Mézières a été le premier établissement scolaire français à lancer une formation dans le domaine de la maintenance éolienne. En 2015, on comptait 400 personnes formées. Le 18 décembre 2017, une autre formation en maintenance éolienne (niveau bac + 2) sera lancée à l’Afpa de Metz.

Selon l’observatoire de France Energie Eolienne, 1.350 emplois étaient liés à l’éolien dans le Grand Est, fin 2016. « Une éolienne, c’est 20 ans minimum. Ce sont des emplois durables et non-délocalisables », plaide Thomas Guilbaud, qui « rêve » volontiers de copier la région allemande de la Basse-Saxe qui a déjà installé toute la chaîne de fabrication de l’éolien sur son territoire.