Nice: Perturbée par la sécheresse, l’olive a perdu la boule et a mûri (très) en avance

AGRICULTURE A cause d’un déficit de pluviométrie record cette année, les fruits des oliviers doivent être récoltés bien plus tôt…

Fabien Binacchi

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Les olives sont arrivées à maturité plus tôt que prévu (Illustration)
Les olives sont arrivées à maturité plus tôt que prévu (Illustration) — Valery Hache AFP
  • Dans un contexte de sécheresse record, les olives ont mûri avec beaucoup d’avance sur la Côte d’Azur.
  • La récolte, qui dure d’habitude jusqu’au printemps, devrait être bouclée avant la fin de l’année.
  • Ces olives pressées, qui offrent un meilleur rendement pour la production d’huile, devraient cependant être beaucoup moins nombreuses au total.

Dans sa petite oliveraie d’une centaine d’arbres, à Peymeinade, au-dessus de Grasse (Alpes-Maritimes), Emmanuel a mobilisé famille et amis avec beaucoup d’avance cette année. « D’habitude, on s’y met le 15 novembre, pour finir en février. Là, la récolte a commencé depuis plus de quinze jours et à la fin de ce mois-ci ce sera déjà plié. »

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Partout dans les Alpes-Maritimes, là où les arbres ne sont pas irrigués, les oléiculteurs ont vu les petits fruits « tourner » (passer de la couleur verte à leur jolie robe noire) beaucoup plus tôt. Faute à la sécheresse, qui a atteint des records cet été sur la Côte d’Azur. Et ce ne sont pas les pluies de ces deux derniers jours qui viendront changer la donne.

Un bien meilleur rendement pour la production d’huile

« Les fruits sont mûrs en même temps. Mais il n’y a pas quoi se plaindre, le rendement est très bon », pointe Emmanuel. C’est-à-dire qu’il faut moins d’olives pour davantage d’huile. Les moulins du département tournent en tout cas à plein régime.

« Sur une année normale, en début de la récolte, il faut compter 6 à 7 kg pour produire un litre. Cette année, on est d’emblée sur un ratio de 4 kg par litre », confirme Jean-Philippe Frère, le responsable de l’oléiculture au sein de la chambre d’agriculture des Alpes-Maritimes, également à la tête d’une exploitation au Rouret.

« D’habitude, la récolte peut durer jusqu’à mars, même avril et parfois mai, précise-t-il aussi. Là, à la fin de l’année, tout le monde aura terminé. » Et de mémoire de spécialiste, ce n’était pas arriver depuis 2003.

Des fleurs brûlées et moins d’olives à la clé 

Meilleur rendement mais pas forcément meilleure production. Car, dans certains secteurs de l’olive de Nice, certains arbres n’ont pas du tout de fruits. « Ils ont souffert de la chaleur. Au plus fort de l’été et de la canicule, des fleurs ont brûlé et n’ont donc pas pu se transformer », explique encore Jean-Philippe Frère.

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Du coup, l’oléiculture azuréenne devrait se contenter d’une saison « plus que moyenne », dixit le spécialiste. Avec un déficit de production qui pourrait atteindre 40 % par rapport à une année normale. Après une précédente récolte déjà pas franchement florissante.