VIDEO. Ouragan Irma: Un Marseillais part photographier les coraux de Saint-Martin pour aider les scientifiques

OURAGAN IRMA Alexis Rosenfeld décolle ce samedi, appareil photo au poing, pour fournir un état des lieux des coraux de Saint-Martin…

Mathilde Ceilles

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Alexis Rosenfeld en plein test de son appareil photo GPS
Alexis Rosenfeld en plein test de son appareil photo GPS — Boris Horvat / AFP
  • Alexis Rosenfeld, photojournaliste, part à Saint-Martin photographier les dégâts de l’ouragan Irma sur les coraux de Saint-Martin.
  • Il utilisera pour cela une tablette équipée d’un GPS, qui permet de faire les mêmes photos au même endroit quelques mois après.
  • Ces photos seront exposées, mais aussi cédées aux scientifiques afin de les aider dans leurs recherches.

C’était il y a deux mois maintenant. L’ouragan Irma ravageait les îles françaises de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. Rapidement, les images aériennes de ces deux îles dévastées font le tour des télévisions. Les stigmates de l’ouragan sur la terre de Saint-Martin ne font aucun doute. De nombreuses inquiétudes émergent quant à la reconstruction de l’île, au sens propre comme figuré.

Mais les cicatrices de ce terrible ouragan ne saignent pas seulement sur la terre ferme. C’est du moins ce que cherche à savoir Alexis Rosenfeld. Ce photojournaliste de Marseille s’envole ce samedi pour Saint-Martin afin d’explorer les coraux tout autour de cette collectivité française d’outre-mer. Spécialisé dans la photo de paysage sous-marin, et notamment la photo de paysages coralliens, ce passionné a décidé d’immortaliser sur pellicule les dégâts sous-marins causés par ce qui reste l’ouragan le plus puissant enregistré dans l’Atlantique nord.

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Des coraux essentiels pour l’humanité

En effet, les fortes houles sont connues pour détruire une partie des coraux. A titre d’exemple, dans un communiqué de presse en 2010, le CNRS avait déploré les dégâts de grande ampleur causés par l’ouragan Oli sur les coraux de la Polynésie française, notant parfois un « état de destruction critique ».

« Or, si les coraux sont détruits, une partie du phénomène de barrière naturelle des coraux disparaît, note Alexis Rosenfeld. Et c’est essentiel pour l’humanité. Le corail nourrit l’homme avec les poissons dans les récifs, c’est aussi une énorme nursery qui peuple les océans. »

Une tablette GPS

Le travail de ce photojournaliste, qui se veut être un « témoin », fera tout d’abord l’objet de publications dans la presse et d’une exposition au Nausicaa. Le centre national de la mer, basée à Boulogne-sur-Mer, soutient en effet financièrement le photographe dans son projet. « Ses photos montreront peut-être la capacité de la nature à retourner au point initial, en revenant un an après au même endroit », explique le directeur général de Nausicaa Philippe Valette.

En effet, lors de ses futures plongées, Alexis Rosenfeld sera équipé d’une tablette connectée, fournie gracieusement par Aqua Lung. Reliée à son appareil photo, cette tablette contient un GPS qui permet de référencer géographiquement les photos. Objectif : revenir à l’endroit exact pour réaliser les mêmes clichés dans le futur, et ainsi constater les changements sur les coraux. « L’appareil indique latitude, longitude… Je suis comme un enfant avec ! », plaisante le photographe, qui a testé ce concentré de technologie mercredi dans les eaux marseillaises.

Ce travail pourrait être également précieux pour les scientifiques du parc marin de Saint-Martin, auxquels Alexis Rosenfeld a décidé de céder gracieusement ses clichés. « Cela me plaît d’offrir ma compétence. Je sais faire ça, alors, si ça peut servir… » Sur place, le photographe et le parc marin travailleront au quotidien ensemble, pour une expédition qui pourrait durer au moins quinze jours, avec plusieurs dizaines de plongées au programme.